Le Blog de Martial
Venez aussi visiter notre Blog sur : http://ecolesdelaterre.blogspot.com
Jusqu'à aujourd'hui - décembre 2011 - notre Blog était notre principal moyen de vous communiquer en "quasi direct" nos messages, nos révélations et nos émotions lors de nos séjours dans les écoles; une bonne raison d'être avec vous sur la "Toile". En cliquant sur "blogspot" vous y découvrez d'autres informations, toutes les photos insérées lors des publications et surtout, vous pouvez consulter toutes nos archives de ces dernières années. Merci.
Ecoles de la Terre
ll n'y a rien qui puisse mieux legitimer, pour le developpement d'une societe, que l'engagement et l'investissement dans l'education de ses enfants ! Il n'y a rien qui puisse mieux justifier, pour une bonne comprehension entre les cultures, une plus grande fraternite sur la terre, que d'offrir aux enfants la possibilite de se rencontrer, afin qu'ils echangent sur leur mode de vie, leur facon de voir le monde et d'imaginer le futur ! “ECOLES DE LA TERRE”-
ECOLES DE LA TERRE - TÉMOIGNAGE
Le Blog ci-dessous raconte l'histoire d'une petite fille indienne, aujourd'hui âgée de 13 ans, que j'ai eu la chance de rencontrer à Kusumbara, petit village de l'Etat indien du Bihar, au mois de mars dernier. Ce Blog reproduit exactement notre dernier fascicule "Ecoles de la Terre". Celles et ceux qui nous suivent connaissent déjà Bharti Kumari puisque je lui ai consacré deux messages au cours de ce printemps 2012, le 21 mars et le 9 avril. Je vous invite donc à découvrir ou parcourir à nouveau l'histoire de Bharti, petite fille "Courage" de la campagne profonde du Bihar. BHARTI KUMARI DE KUSUMBARA OU L'HISTOIRE BOULEVERSANTE D'UNE PETITE FILLE INDIENNE.CHÈRES AMIES, CHERS AMIS, Je souhaite partager avec Vous l’histoire de Bharti Kumari. Elle est une petite fille âgée de 13 ans. Son histoire est poignante, émouvante, saisissante ! Je retrace à travers ces lignes les principales phases de sa vie qui m’ont bouleversé. Je suis allé à sa rencontre à Kusumbara, un petit village du Bihar en Inde, au mois de mars de cette année. J’avais découvert son existence à travers un livre paru à l’automne 2011. Je vous dirai également ce que nous avons entrepris avec Ecoles de la Terre afin de lui venir en aide.DES ANNÉES DE GALÈREAbandonnée quelques minutes après sa naissance près d’un rail de chemin de fer de la gare de Dehri-On-Sone, une petite ville du Bihar, l’un des Etats les plus pauvres de l’Inde, Bharti a été sauvée par un couple de paysans qui la recueille chez eux dans le village voisin de Kusumbara. Sa mère adoptive refuse les traditions tribales des intouchables et l’encourage à l’étude. De son côté, Bharti se bagarre contre la fatalité et parcourt des kilomètres pour se rendre à l’école. Elle n’est qu’une enfant mais elle a décidé de changer ce que d’aucuns considèrent comme son destin, celui d’une intouchable, une exclue de la société. Une terrible épreuve va bouleverser sa jeune vie. Sa mère adoptive meurt brûlée dans l’incendie de son village en voulant sauver leur peu d’économie. Mais Bharti va se battre contre cette malédiction qui l’accable, contre cette fatalité qui l’écrase. Elle prend son destin en main contre vents et marées. Plus tard, elle deviendra maîtresse, institutrice !LEÇON DE VIE ET DE COURAGE Il en faut du courage pour être petite fille en Inde. Et pourtant ce pays souffre d’un déficit de naissances en ce qui concerne les filles. Malnutrition, avortement sélectif, infanticide et abandon dans les communautés les plus pauvres sont encore des pratiques courantes dans nombre de régions. Dans certaines familles, en particulier les plus démunies, la fille est souvent considérée comme une charge accablante. Même si la dot est interdite aujourd’hui, son usage perdure et sa charge financière écrase les familles les plus déshéritées. Bharti est non seulement une petite fille, elle est encore une "intouchable", une "dalit", une jeune opprimée du bas de l’échelle sociale. Bharti refuse ce système millénaire des castes, ce système discriminant qui cantonne ses membres dans la représentation de l’impureté, dans les travaux les plus sales, les plus pénibles. Elle poursuit tant bien que mal son école et le soir, au pied d’un banian, elle réunit les enfants qui ne peuvent se rendre à l’école et leur enseigne le peu de ce qu’elle a appris. Sa persévérance est une leçon de vie et de courage ! TÉMOIGNAGE D'UNE RENCONTREJ’ai rencontré Bharti pour la première fois le 21 mars dernier. Quel beau premier jour de printemps. J’ai perçu une jeune fille secouée et fragilisée par une vie tourmentée et humiliante. Mais Bharti se bat contre les affligeantes conditions qui l’enferment, contre le fatalisme et la résignation qui guettent le cercle des plus pauvres. Nous lui avons promis une école dans son village. Le 8 avril 2012, le jour de Pâques, nous l’inaugurions sous le nom de "Bharti Primary School". Plus de 60 enfants ont entamé leur scolarisation à Kusumbara le lendemain. Bharti est en classe 4. Son histoire avait pourtant fait le tour de la terre à travers internet mais sa condition de vie n’avait pas changé. "On se demande parfois si la vie a un sens … et puis on rencontre des êtres qui donnent un sens à la vie". Gyula Halász.IL N'Y A PAS DE HASARDEN RENCONTRANT BHARTI JE ME SUIS DIT QUE CETTE BELLE CIRCONSTANCE DE LA VIE N'ÉTAIT PAS UN HASARD ! ET OUI, COMME L'AFFIRME JÉRÔME TOUZALIN, IL N'Y N'A PAS DE HASARD, IL N'Y A QUE DES RENDEZ-VOUS QU'ON NE SAIT PAS LIRE ! Ecoles de la Terre s’est donné comme mission d’offrir l’école à des enfants que des circonstances malheureuses de la vie ont exclu du droit fondamental à l’éducation. Depuis 1997, des dizaines de milliers d’entre eux ont gratté nos ardoises et nos cahiers. À ce jour 6000 enfants, jeunes filles et jeunes gens bénéficient d’un programme scolaire régulier. Le grand nombre nous occupe, mais le symbole, l’événement particulier nous rappelle parfois notre mission. Aujourd’hui c’est Bharti qui nous interpelle en surgissant de la misère, nous offrant son emblème. Elle habite un petit village où de nombreux autres enfants ne sont pas scolarisés. C’est l’occasion d’élargir nos actions.ECOLES DE LA TERRE EN INDEEcoles de la Terre est une ONG genevoise qui soutient des enfants défavorisés en Inde depuis 14 ans. Elle le fait en déployant ses programmes d’éducation, de formation professionnelle et de santé, en stimulant l’accroissement des revenus des familles les plus pauvres, en développant l’autonomie financière et la capacité d’initiatives des communautés. Pour en savoir davantage nous vous savons gré de parcourir notre site internet à l’adresse www.ecolesdelaterre.ch.Nous cherchons à atteindre l’autonomie pour l’ensemble de nos programmes mais nous avons encore besoin d’aide extérieure pour une part de notre budget de fonctionnement. Notre devise s’attache à honorer une maxime bien connue : « tout d’abord apprenons à pêcher plutôt qu’à donner du poisson ». Banque UBS - IBAN : CH42 0024 0240 6306 4427XTéléphone : +4179 735 0633 & +4122 342 7663Messagerie : martial@ecolesdelaterre.chSite Internet : www.ecolesdelaterre.chLe Livre : MON ÉCOLE SOUS UN MANGUIER - Chez les Editions Michel Lafon, 2011Martial Salamolard pour ECOLES DE LA TERRE - Mai 2012Les photos sont celles de l'inauguration de l'école "Bharti Primary School" qui a eu lieu le dimanche 8 avril 2012 à Kusumbara
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ALEXANDRE ET JULIEN À LA FERME PÉDAGOGIQUE DE NAIN BIGHA – UN NOUVEAU PROJET DE DÉVELOPPEMENT – MARS & AVRIL 2012
CHÈRES AMIES, CHERS AMIS,J’ai le plaisir de donner la parole à Alexandre et Julien, deux jeunes volontaires de France voisine qui jettent les premières pierres à notre projet de développement de notre ferme « RITA PEDAGOGICAL FARM », à Nain Bigha, un petit village du Bihar où Ecoles de la Terre gère son école de « Jolibigha » depuis 2004. Une première parcelle d’un grand terrain jouxtant l’école – environ la moitié – est déjà cultivée depuis plusieurs années ; la deuxième fait l’objet du magnifique projet qu’Alexandre et Julien sont en train de mettre sur pieds.Outre le développement de notre secteur « agronomie & agriculture », nous programmons avec Alexandre et Julien d’enrichir notre ferme en y implantant de nouvelles activités agricoles telles que jardin potager, riziculture, pépinière et reboisement. Autre bonne nouvelle, un foyer destiné à accueillir les petits orphelins des villages de la région est également intégré à ce projet. Alexandre et Julien, merci pour tout ! C'est à Vous ! Martial pour Ecoles de la Terre. CHÈRES LECTRICES, CHERS LECTEURS,Tout d'abord, nous sommes très heureux de pouvoir vivre et partager cette expérience avec vous. Nous avons débarqué dans un univers que nous ne connaissions pas, mais alors pas du tout et nous avons dû très vite apprendre à nous adapter à cette étrange et merveilleuse contrée qu'est l'Inde. Il faut dire, très honnêtement, que nos débuts à Delhi ne furent pas des plus simples, le contraste fut rapidement assez fort et nos oreilles pas encore préparées à ce que l'anglais des indiens avait à nous offrir. NOTRE ARRIVÉE EN INDENous avons donc eu à expérimenter quelques concepts sympathiques comme le "bakchich" avant de pouvoir nous retrouver assez à l'aise ; mais dans l'ensemble ces légères péripéties ne sont que des expériences de la vie comparables à celle d'un enfant se brulant avec une casserole; en bref nous ferons de notre mieux pour ne plus y mettre les doigts !Enfin voilà, la véritable découverte n'était pas tant l'univers de Delhi mais bien le Bihar, délicieuse contrée que nous avons découverte après quelques jours à Delhi et 17 heures de train via le "Poorva Express" afin d’atteindre Gaya, une ville du Bihar, puis Bodhgaya, une bourgade bien connue où Ecoles de la Terre a ses bureaux ; ceci dit le « Poorva » n'était pas si express car sans cela nous n'aurions pas pu le rattraper à la course !NOTRE SÉJOUR À BODHGAYA ET NOTRE STAGE À LA FERME RITA La pauvreté qui règne en ces lieux où tout est encore à construire n'altère paradoxalement en rien la richesse apportée par les individus rencontrés. Le tour des écoles de l'organisation fut pour nous un moment de bonheur, les enfants sont de vrais petits miracles lorsqu'ils nous sourient et leurs visages illuminent le cœur bien plus que le soleil qui ici tape pourtant bien fort. La joie qu'ils ont d'aller à l'école est une véritable découverte pour nous ; et c'est chose rare que de voir ça en nos contrées. En bref, le travail de Martial et de toute l'équipe d'EDLT est une véritable oasis dans un désert d'ignorance ; et disant cela nous visons plus ceux qui ne se soucient guère que de leur individualisme plutôt que le niveau de culture ici même ! C'est ainsi que nous deux voulons aussi mettre la main à la patte d'EDLT afin de mettre sur pied le second projet de Jolibigha, la ferme pédagogique de Rita. Nous ne présenterons pas le lieu car Martial l'a déjà fait mais bien le projet qui nous anime. Nous avons un vaste terrain à gauche de l'école comme surface de travail.Dans l'idée, la ferme modèle comprendra une zone d'agriculture séparée en plusieurs parties, dont une riziculture qui servira de réserve de nourriture pour l'école, une zone d'élevage et enfin un bâtiment servant à l'accueil d'orphelins – avec une salle de cours technique pour commencer un programme d'initiation au travail de la terre de manière plus poussée et complémentaire aux activités sur le terrain. Certes, toutes les structures ne sont pas encore là, presque tout est à faire comme je l'ai dit plus haut et cela prendra du temps mais chaque jour est une occasion d'avancer et nous continuerons ce projet jusqu'à son aboutissement. Sachant que les premiers changements réels pour ce qui est du terrain arriveront avec la fin de la mousson, il nous faudra donc être patients jusque-là. Nous espérons que tout va bien pour vous toutes et tous ; nous vous remercions infiniment de votre attention et de votre intérêt. Nous vous tiendrons au courant par l'intermédiaire de Martial, sur l'évolution de ce projet qui nous passionne au plus haut point. A bientôt! Alexandre Lemaire et Julien Budry
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ÉCOLES DE LA TERRE DANS SES CENTRES EN INDE - JANVIER/AVRIL 2012 - SOMMAIRE, CONDENSÉ ET NOUVELLES !
CHÈRES AMIES, CHERS AMIS,Depuis le 23 janvier dernier, 21 messages vous ont été adressés par l'entremise de ce "Blog". De ces modestes parutions sorties du champ d'action d'Ecoles de la Terre, je souhaite aujourd'hui vous en distiller un condensé. En supplément je joindrai quelques nouvelles, quelques compléments et autres détails. Pour chacune de ces 21 missives j'ajouterai une nouvelle photo puisée dans ma corbeille à photogrammes. Je vais aussi vous proposer quelques épigraphes, anecdotes ou faits nouveaux; tout ceci avec le secret espoir que cette rétrospective sollicitera chez Vous, Chères Amies, Chers Amis, une tentation à lire ou à relire tout ou partie de ces 21 messages. Vous m'accorderez bien ce droit de rêver !Vous souhaitez lire ou relire un précédent message de ce Blog ! Vous allez, en colonne de droite, vous descendez jusqu'à la rubrique "LES ARCHIVES DU BLOG" et vous choisissez le sujet qui vous plaît en vous référant à la date de parution - au mois et à l'année.Sincèrement, merci ! JANVIER 2012 Lundi 23 janvier 2012, c'était " RETOUR SUR TERRE INDIENNE " C'est le retour sur le sol indien, avec l'émotion des premiers jours, des premières retrouvailles, la visite de la première école, celle de Muskan dans le bidonville de Dilchau Kala. Ce bidonville nous cause bien des soucis. Les habitants sont inquiets; ils ont appris qu'ils devraient prochainement quitter les lieux où ils se trouvent actuellement. Ils sont plus de 1000 personnes, et non 600 comme je l'annonçais en janvier, qui vivent dans l'incertitude depuis des dizaines d'années, toujours dans l'attente d'une place définitive où ils pourraient construire enfin leurs maisons. Nous cherchons le/les moyen/s d'alerter les autorités afin qu'elles prennent des mesures nécessaires, sérieuses et proposent aux familles de Dilchau Kala une solution convenable et définitive. L'organisation de notre école est bien sûr dépendante de cette situation intermittente, délicate, éphémère; les conditions de travail sont difficiles, les locaux sont pour le moins inconfortables. Qu'est-ce que la vie dans un bidonville ? La promiscuité, l'insalubrité, l'incertitude et l'indigence; c'est la vie d'un campement misérable où les familles ne pensent qu'à trouver enfin un emplacement où bâtir un lieu de vie digne de ce nom ! Jeudi 26 janvier 2012 c'était " JOUR DE LA FÊTE NATINONALE INDIENNE – JOUR DE VISITE À l’ÉCOLE DE SRIFALTALA ET CHEZ LES MÈRES BÉNÉFICIARES DU PROGRAMME MICROCRÉDIT "Le 26 janvier 2012, j'ai quitté New Delhi pour me rendre, via Calcutta, à Raidighi. Il fait même quelque peu "frisquet" dans les îles Sunderbans. La saison la plus fraîche se situe entre novembre et février, la température la plus basse pouvant atteindre les 10 degrés durant la nuit. J'y resterai plus de 3 semaines avec quelques crochets à Calcutta qui se trouve à 100 kilomètres de Raidighi. Chaque école célèbre la fête nationale avec joie et avec ferveur. Pour dire vrai, il y a 3 fêtes nationales en Inde. Le 26 janvier est le "Jour de la République"; le 15 août est le jour de l'indépendance; le 2 octobre est le jour de l'anniversaire du Mahatma Gandhi. Ces 3 événements sont autant de jours fériés pour les institutions gouvernementales du pays. Vendredi 27 janvier 2012 c'était " ECOLES DE LA TERRE" SUR L’ILE DE PURBA JATTA – AVEC TOUTES LES PHOTOS A ELLE CONSACREES, DANS UN JOYEUX DESORDRE !"Le 27 janvier, je vous présente notre école de Purba Jatta, petite académie de la campagne des Sunderbans. Purba Jatta est le nom de l'île, mais l'école a sa propre dénomination; son vrai nom de "baptême" est "Sishshu Siksha Niketan". Pour simplifier nous utilisons habituellement le nom de l'île, soit "Purba Jatta". L'école se trouve dans le village de "Hatuarghery"; les quelques 300 élèves qui fréquentent notre établissement viennent aussi d'autres villages circonvoisins qui ont pour noms "Dhaki", "Haldarpara", "Mayrapara East", "Mayrapara West", "Mondalpara", "Musalmanpara" et "Purkaitpara", soit au total 8 petites agglomérations de cette île. Aujourd'hui, nous sommes propriétaire d'un terrain non loin de l'actuel bâtiment, vieillot et trop petit que les habitants d'Hatuarghery nous mettent à disposition. Nous espérons pouvoir construire la nouvelle école cette année encore. Dimanche 29 janvier 2012 c'était " SARASWATI OU L’INDE DE LA CONNAISSANCE ET DE L’ÉDUCATION "Le samedi 28 janvier 2012 est le jour de "Saraswati Puja"; la fête de Saraswati, la déesse de la connaissance, des arts et de l'éducation. Saraswati est le plus souvent habillée d'un simple sari blanc et porte peu de bijoux en rapport aux coutumes indiennes. Sa monture est un grand cygne blanc, symbole de sagesse. Egalement assise sur une fleur de Lotus, Saraswati déesse joue de la vina - une sorte de luth - avec deux de ses quatre bras, le troisième tenant un livre, emblème de l'éducation, le quatrième serrant un chapelet, attribut de concentration et de méditation. Elle est une déesse populaire, davantage vénérée dans les écoles et les collèges que dans les temples. Il y a de nombreuses interprétations sur la représentation de Saraswati; en voici une ; Saraswati est une belle femme car l'éducation serait tout autant fascinante que le charme et la brillance d'une belle femme. Le chapelet signifierait que la connaissance est infinie, qu'il y a toujours de nouvelles choses à découvrir. Le luth nous inviterait à associer notre intelligence à notre coeur et à nos consciences - nos sens. Le cygne inviterait l'élève à être comme lui, sage et attentif. Le matin de la fête de Saraswati, les élèves viennent à l'école en habits de fête, leurs vêtements traditionnels, avec une première intention de prier la déesse. Comme cette année à Purba Jatta School, j'ai eu maintes fois l'occasion de participer à "Saraswati Puja". C'est une agréable circonstance me permettant d'être encore plus proches des élèves; c'est aussi l'opportunité de souligner l'immense importance de l'éducation pour les filles et les femmes indiennes.FREVRIER 2012Mercredi 1er février 2012 c'était " LE MICRO CRÉDIT : LES OBJECTIFS D’ECOLES DE LA TERRE ET LA SITUATION DANS LES SUNDERBANS "Je vous parle dans ce premier blog de février de notre programme de Micro Crédit dans les îles Sunderbans, un programme de soutien économique aux familles les plus pauvres. Il s'agit bien d'un nouveau programme que nous avons mis en place en fin d'année 2009 afin d'encourager la création de richesses et à favoriser la concrétisation de micro-projets d'entreprises. Nous tenons beaucoup à ce nouveau programme d'avenir. Pour de plus amples informations sur celui-ci, je vous invite à visiter notre site internet www.ecolesdelaterre.ch. En colonne de droite vous pouvez découvrir notre méthode via le bouton "Micro Finance", de même que le volume - le nombre de prêts - de nos activités via le bouton "Plate-Forme Micro Crédit". À ce jour, nous avons accordé plus de 3400 petits prêts aux mères de familles concernées par notre programme. Elles vivent dans Îles Sunderbans du Bengale, au Bihar et au Rajasthan, 3 Etats fédérés indiens où nous organisons nos écoles. Je vous donnerai au courant de ce printemps de plus amples informations sur cet important programme d'Ecoles de la Terre.Dimanche 5 février 2012 c'était " L’INDE ET SES VILLAGES, HISTOIRE RÉCENTE ET RÉALITÉ D'AUJOURD'HUI ! "Je souhaite à travers ce blog vous présenter le paradoxe "ville - campagne " ou "urbanité - ruralité" ! Celui-ci caractérise bien-sûr chaque région du monde. En Inde ce paradoxe est très saillant et a marqué son histoire; aujourd'hui encore il se singularise dans sa géopolitique contemporaine. Nous parlons souvent des villes, les grandes mégapoles indiennes, de New Delhi, de Mumbai, de Calcutta, de Chennai; et nous occultons parfois l'importance de la campagne dans l'histoire et la géographie de l'Inde. Dans "Le système administratif de l'Inde" chez www.persee.fr par exemple, je lis ceci : "Le village est à la base des fondations historiques de la vie politique de l'Inde. Le 90% - au temps de Gandhi et encore plus de 75% aujourd'hui - de la population indienne vivent dans les villages". Auparavant ceux-ci étaient des unités indépendantes, de petites démocraties. Ils se gouvernaient par l'intermédiaire du Panchayat, une sorte de conseil formé généralement de quelques notables personnages de la région; sa composition variait suivant les endroits, tantôt groupant des personnages influents, tantôt choisissant ce conseil par élection, parmi les anciens du village. Aujourd'hui, en me baladant dans de nombreux villages, je ressens encore cette tendance qu'ont les habitants à se couper du centre du pouvoir. C'est ce rapport avec l'histoire que je souhaite soulever dans ce blog de février. Mercredi 15 février 2012 c'était " NOS ÉCOLES AUX ÎLES SUNDERBANS "Ce message, c'est avant tout l'envie de rappeler une fois de plus qu'Ecoles de la Terre œuvre essentiellement en zone rurale. C'est aussi le besoin de montrer des clichés de toutes nos écoles et de rappeler leurs noms. Purba Jatta, Kultali, Ganga Sagar, les îles de nos écoles; Hatuarghery, Sonatikari, Colonipara, Srefaltala, les villages des nos écoles; Sishshu Siksha Niketan, Nabakishalay, Shree Satya Sai, Gangasagar Patshala, les noms de nos écoles; des noms par ci, des noms par là, des noms partout; des noms chantants qui sentent bon le village, des noms roucoulants qui flairent la campagne; des noms si loin et si proches à la fois !Mardi 21 février 2012 c'était " UN « CROCHET » À CALCUTTA POUR ÉVOQUER LE PARADOXE « VILLE – CAMPAGNE » ! "Quitter le bourg de Raidighi pour atteindre Calcutta vous demandera quelques 3 à 4 heures de routes. Autrement dit, vous partez des abords de la plus grande forêt de mangrove du monde et vous vous rendez à la mégapole de Calcutta dans ce laps de temps. Ce sont deux mondes bien différents ! D'un côté le monde sauvage, la verdure, la loi de la nature; de l'autre, le monde des extrêmes d'une grande cité, quelques beaux quartiers, avec de grandes bâtisses sécurisées, et de grands bidonvilles gris et amers. Il faut de tout pour faire un monde dit le dicton ! Pour Ecoles de la Terre cette distinction n'est pas vraiment de mise en ce qui concerne nos actions pour les enfants; entre 1998 et 2006 nous avons construits une dizaine d'écoles de bidonvilles pour le compte de trois ONG indiennes basées à Calcutta; aujourd'hui nous sommes nous-mêmes à Jhaldarmath, un bidonville où nous scolarisons quelques 150 enfants dans notre propre école. Mardi 28 février 2012 c'était " BIENVENUE AU BIHAR EN CETTE FIN DE FÉVRIER ! "Je poursuis mon séjour au Bihar, une Branche d'Ecoles de la Terre, la plus importante en nombre d'écoles, en nombre d'élèves. C'est au Bihar que l'aventure d'Ecoles de la Terre a réellement commencé sous la bannière "Ecoles de la Terre India" en tant qu'ONG indienne. L'Inde a cette caractéristique que chacun de ses Etats (fédérés) peut être perçu comme un "pays" à part. Le Bihar en est un et est souvent considéré comme l'un des Etats les plus pauvres de l'Inde. En parcourant "Voyages & Découvertes" dans "http://francoise-angrand.suite101.fr/le-bihar", je lis : le Bihar, l'enfant oublié de l'Inde ou le Bihar, la gloire enfuie du plus grand Etat indien ! Je lis encore que le Bihar est aussi grand que la France et compte plus de 80 millions d'habitants. "Bienvenue au Bihar en cette fin de février 2012", c'est le message qui annonce la présentation de nos 7 écoles qui accueillent plus de 3000 élèves et apprenti(e)s !MARS 2012Dimanche 4 mars 2012 c'était " TOUR D’HORIZON DE NOS ECOLES AU BIHAR – L’ECOLE DE SARASWATI SHISHU NIKETAN "Est-il nécessaire de présenter dans cette rétrospective "Saraswati", la déesse hindoue que nous avons choisie pour baptiser l'une de nos écoles. Je souhaite juste rappeler ici qu'elle est proche des enfants; son intimité les embrasse de son bon sens et de sa sagesse. Déesse de l'éducation, des arts, de la connaissance et de l'éloquence, elle est honorée chaque année. Le nom complet de notre école est "Saraswati Shishu Niketan" ! Saraswati School, c'est une belle histoire que je vous ai déjà racontée. C'est une école de village, non loin de Bodhgaya, qui accueille les enfants de Pachhati village et d'une dizaine d'autres petites agglomérations avoisinantes. Je vous laisse le soin de vous rendre au blog du 4 mars dernier pour en apprécier sa mémoire et en savourer son charme et son parfum.Lundi 5 mars 2012 c'était " L’HOMME QUI AVAIT ENVIE DE PARLER AUX PHOTOS ! "Ce blog est un coup de coeur qui m'a affectivement "foudroyé" lors de ma première visite chez les mères de Gaya, à l'occasion d'un octroi de prêts dans le cadre de notre programme de Micro Crédit. C'était exactement le 2 mars 2012. Elles étaient 50, toutes aussi pauvres les unes que les autres, toutes aussi dignes, toutes aussi belles ! Avec mon appareil photos je ne savais plus où donner de la tête; je cliquais, je cliquais ! Je me suis retrouvé avec des photos par centaines et il m'a bien fallu le week-end pour en dégager une dizaine que je publiais dans "l'homme qui avait envie de parler aux photos" ! J'ai envie de vous dire qu'il y a des moments où les mots ne peuvent plus dire ! Alors, restent les photos ! Dimanche 11 mars 2012 c'était " SUJATA SCHOOL ! LA PETITE ÉCOLE MILLÉSIMÉE 11 ANS D’ÂGE ! "À quelques kilomètres de Bodhgaya coule une rivière qui a pour nom Niranjana. Venant de Bodhgaya et traversant un pont du nom de Sujata, vous pourrez atteindre après quelques minutes de marche, sur l'autre rive, un petit temple consacré à la mémoire de Sujata, une jeune fille d'un village de cette région qui aurait offert au Bouddha un peu de nourriture avant qu'il n'entreprenne sa quête de l'illumination, de l'éveil. C'est un doux mélange d'histoire et de légende qui nous a soufflé un joli nom pour notre école, la deuxième née d'Ecoles de la Terre au Bihar en avril 2001 à Baiju Bigha, ce petit village de la campagne biharie. Il y a des noms qui chantent, traversent l'histoire et interpellent ! Sujata en est un qui a aussi murmuré son appellation et sa belle fable aux oreilles d'hôteliers, de joailliers, de centres commerciaux et autres ONG, appelés à baptiser leur instituts, leur entreprise ou leur école ! Mercredi 14 mars 2012 c'était " LE BLOG DE SAVIANA - CHEZ "ECOLES DE LA TERRE" DURANT SIX SEMAINES ! "Ce message est une fenêtre ouverte à Saviana Francioso, de Genève, qui s'est rendue dans nos centres d'Ecoles de la Terre durant les mois de février et mars derniers. Quel bonheur de partager nos vues, nos opinions, nos émotions, mais encore nos plans et nos projets, nos ambitions et nos résolutions avec celles et ceux qui souhaitent découvrir nos actions, notre entreprise sur le terrain. Ce fut le cas avec Saviana que je remercie une fois de plus aujourd'hui, pour son écoute, sa bienveillance, son dévouement et sa disponibilité. C'est une aubaine que de l'entendre dire " ... à l'année prochaine" ! Merci Saviana, tu es la Bienvenue pour une nouvelle aventure chez Ecoles de la Terre ! Mercredi 21 mars 2012 " OH ! BHARTI SI TU SAVAIS ! PETITE FILLE DE KUSUMBARA ! "Il était une fois une petite fille "Courage", une petite fille "Bravoure", une petite fille "Vaillance", une petite fille "Coeur gros" d'un petit village du Bihar et qui fit le tour de la terre grâce à la toile internet ! Cette petite fille s'appelle Bharti Kumari, elle habite Kusumbara, un bled perdu de la campagne biharie, à une quinzaine de kilomètres de la petite ville de Dehri-On-Sone dans le district de Rohtas au Bihar. En tapant son nom BHARTI KUMARI sur un "moteur de recherche", en parcourant nos Blogs du 21 mars et du 9 avril 2012, vous la découvrirez ! Je parlerai à nouveau d'Elle le 9 avril; j'en parlerai encore et encore !Lundi 26 mars 2012 " JOLIBIGHA, UNE ÉCOLE DU BIHAR, DANS UNE RÉGION LOINTAINE, SAUVAGE, OÙ L’ÉLECTRICITÉ N’EST PAS ARRIVÉE, OÙ LE POIDS DES TRADITIONS EST ENCORE PRÉSENT ! "Il est écrit dans notre site internet au chapitre - bouton - "Rayon d'action" que l'école de Jolibigha a été inaugurée au mois d'avril 2004 ! 8 petits villages situés à l'extrême sud du Bihar - district de Gaya - envoient leurs enfants à notre école de Jolibigha. Ils ont pour noms, Nain Bigha où se situe notre école, Faijelaha, Ghorwadih, Goukhap, Kachauri, Kalandra, Kusha et Tewari Chak. La petite ville la plus proche est Sherghati, un bourg très commercial d'un peu plus de 30'000 habitants, à proximité de la frontière de l'Etat du Jharkhand, où les habitants, paysans et agriculteurs de la région viennent faire leur marché. Tout proche de l'école se trouve notre ferme pédagogique, la "Rita Farm". En ce moment même 2 jeunes volontaires français, Alexandre et Julien, sont là-bas afin de stimuler et développer ses activités. Un prochain Blog parlera de leur expérience et confessera leur témoignage !AVRIL 2012Dimanche 1er avril 2012 c'était " BAHERADI OU L’APPRENTISSAGE DE LA PATIENCE ET DE LA PERSÉVÉRANCE – UNE HISTOIRE À RACONTER ! "Cette jolie petite école dans la campagne est née des cendres d'une première école ouverte au cours de l'année scolaire 2005-2006, non loin de Baheradi, à Haridaspur dans la région de Mokari. Je vous raconte son histoire dans notre Blog du 1er avril dernier. Quelques insignifiants notables nous ont mené la vie amère quelques années durant; forts de notre envie de poursuivre notre soutien aux enfants de cette région, nous avons quitté Haridaspur et nous nous sommes rendus à Baheradi, autre petit village distant de quelques kilomètres. Là, nous avons trouvé et acheté un petit terrain où notre école actuelle s'est dressée au cours de l'exercice 2010-2011 ! Tout est bien qui finit bien lorsque l'espérance confine à la certitude et la détermination et au courage ! Mardi 3 avril 2012 c'était " CAMIJULI SCHOOL ET SES DEUX NOUVELLES ANTENNES, BANDHA ET MANJIBIGHA – BIHAR INDIA , MARS 2012 "Cela fait plus de dix ans que vous nous entendez parler de l'école de Camijuli par-ci, Camijuli par-là ! C'est la toute première école construite dans le district de Gaya, au Bihar. Lors de son ouverture, en janvier 2001, dans le village d'Itra, nous projetions de recevoir 250 élèves; la demande fut si forte, qu'en fin d'année scolaire, en mars 2002, nous en comptions déjà 400. Depuis, le nombre de petits villages nous priant de recevoir leurs enfants ne cessa de s'accroître. Aujourd'hui, nous dénombrons 13 villages qui nous envoient leurs rejetons. Ils ont pour noms, Baghekhap, Bajandihn, Bandha, Guri, Hasanpur, Itra, Jhikaita, Kharati, Manjhibigha, Pachanma, Piparahia, Sovhabigha et Tirekha. Le bâtiment principal construit au cours de l'année 2000 se situe dans le village d'Itra. En 2011, nous avons ouvert deux nouvelles petites écoles rattachées à Camijuli dans deux autres villages, Bandha et Manjhibigha. Elles accueillent les plus petits élèves - des classes enfantines et de 1ère primaire. Nous projetons d'en ouvrir une troisième dans le village de Panchanma au cours de cette année scolaire. L'objectif est de permettre aux plus petits de se rendre à l'école à proximité de chez eux et de donner ainsi un peu plus d'espace aux élèves des autres classes primaires de l'école d'Itra. Je vous donne ici les derniers chiffres pour ce qui est du nombre d'élèves de Camijuli School. Camijuli - Ecole principale : 760 élèves (365 filles et 395 garçons). Bandha - Filiale N°1 de Camijuli : 195 élèves (130 filles et 65 garçons). Manjhibigha : 170 élèves (85 filles et 85 garçons). Je profite de rappeller ici notre volonté et notre détermination à accueillir les filles, trop souvent oubliées. Ainsi à Camijuli, 1125 élèves sont aujourd'hui scolarisés, dont 580 filles (51,6 %) et 545 garçons (48,4 %); ce sont les derniers chiffres, postérieurs à ceux de mon Blog du 3 avril dernier. Jeudi 5 avril 2012 c'était " MEHARAJOT , UN VILLAGE AU FOND DU DÉSERT – ECOLES DE LA TERRE À JAISALMER ET DANS LE DÉSERT DU THAR ! "Après les Îles de la baie du Gange - Sunderban Islands -, après Calcutta, le Bihar et sa campagne, après Delhi la capitale, il y a le Rajasthan, Jaisalmer la porte des dunes jaunes, il y a le désert du Thar et ses buttes de sable, ses refuges croquignolets, ses simulacres de verdure que chèvres et chameaux observent d'un œil méfiant ! Ecoles de la Terre travaille là-bas depuis la fin de l'année 2005. Dans mon Blog du 5 avril, je vous présente l'école du village de Meharajot, au fond du désert, à 80 kilomètres de Jaisalmer. Pour y arriver, j'ai parcouru une vaste étendue pierreuse et sablonneuse, tachetée ça et là de buissons chevelus, touffus, crépus, d'un vert sombre . L'école de ce village perdu dans l'immense espace du Thar s'appelle "Uttam Aadarsh School"; c'est la petite dernière du Rajasthan. Pourquoi donc vous l'ai-je présentée en premier ? Je n'en sais rien ! J'aime Uttam Aadarsh School comme j'aime les autres écoles du désert; chaque fois que je m'y rends, je m'y sens bien ! Les 130 élèves de Meharajot sont charmant, gais, gracieux, rieurs; ils sont affables, empressés et hospitaliers; ils sont expressifs, vifs, alertes et enjoués; ils sont attentifs, curieux et surprenants; ils sont éveillés, intelligents, comme tous les enfants du monde ! Alors là oui, je vous le dis : ils méritent vraiment de se rendre à l'école ! Samedi 7 avril 2012 c'était " VIDYA SAGAR ET NANUFUJI SCHOOLS – DEUX ÉCOLES SUR LA ROUTE DU DÉSERT DU THAR – DEUX FAÇONS DE VIVRE LA VIE AUTREMENT ! "Nanufuji et Vidya Sagar, sont nos deux autres écoles du plein désert ! Prononcer leur nom c'est évoquer l'année 2006, celle du démarrage d'Ecoles de la Terre dans l'Etat du Rajasthan. Nanufuji School et ses presque 100 élèves, près du petit village de Rataria Ki Dhani, se situe à 50 kilomètres de Jaisalmer. L'école de Vidya Sagar avec ses 110 élèves, dans le village de Kogukhan Ki Dhani, est à 15 kilomètres de Jaisalmer. Le désert du Thar, que l'on appelle aussi le "Grand Désert Indien" est particulièrement chaud et sa partie rocheuse est plus importante que sa partie sableuse; il occupe la plus importante part de son espace - de 200'000 kilomètres carrés - dans l'Etat du Rajasthan - plus de 60% - mais s'étire également sur les Etats du Punjab, du Gujarat et de l'Haryana. De plus, il s'étend jusqu'au Pakistan sous le nom de désert du Cholistan. Davantage qu'un authentique désert se sable, il s'agit plutôt d'un vaste étendue de steppe où l'on peut toutefois rencontrer une végétation clairsemée dont seules les dunes les plus longues et les plus larges en sont exemptes. Le désert du Thar reçoit en moyenne moins de 200 millimètres d'eau par année; et malgré les conditions d'existence extrêmes, la vie y est bien présente ! Nous sommes là pour en témoigner, avec tous nos élèves et leurs parents, de Gala Ki Dhani [Vidya Sagar School], de Rataria Ki Dhani [Nanufuji School] et de Meharajot [Uttam Aadarsh School] !Lundi 9 avril 2012 c'était " UNE NOUVELLE ÉCOLE À KUSUMBARA, LE VILLAGE DE BHARTI KUMARI DANS LE BIHAR PROFOND ! "Ai-je besoin de vous présenter à nouveau Bharti Kumari ? Non seulement nos blogs des 21 mars et du 9 avril parlent d'Elle, de son exceptionnel parcours de vie, mais encore d'innombrables pages d'internet lui sont consacrées. J'ai découvert Bharti à travers l'ouvrage "Mon école sous un manguier" qui lui est dédié [voir dans notre site internet www.ecolesdelaterre.ch un résumé et les coordonnées du Livre dans la Rubrique "Actualité → En Librairie"]. À sa première lecture, en décembre dernier, j'ai fait le vœu d'aller à sa rencontre dès mon arrivée dans l'Etat du Bihar. Je me suis donc rendu dans son village, à Kusumbara, empli d'enthousiasme au mois de mars dernier. Je connaissais donc un petit peu de sa vie à travers les maintes informations médiatiques. Et j'ai rencontré Bharti, une jeune fille de 13 ans, toute pelotonnée sur elle-même, pleine de tristesse que je traduisais par une sorte d'accablement, d'amertume, de désenchantement, de désespérance peut-être ! Ce furent des heures d'émotion, d'attendrissement, d'inquiétude et d'inspiration que j'ai vécu avec Elle ! Etais-ce la Bharti que j'avais aperçues dans les livres et dans les articles publiés sur la toile internet, la Bharti dont j'avais espéré rencontrer ? Et bien non, rien de tout cela ! C'était la vraie Bharti, celle qui attendait en vain, recroquevillée dans son coin, celle qui battait la semelle entre le manguier et sa maison, rêvant qu'un jour elle pourrait réaliser son rêve, participer à la naissance d'une vrai école dans son village de "parias impurs", comme le disent les soi-disant nobles et vénérables personnes des hautes et accessibles castes de la région. Notre langage fut simple à l'extérieur, grand à l'intérieur, avec un fort sentiment d'alliance, de complot et d'association, avec cette sensation de projet et de conspiration. Il fallait une école à Kusumbara; et bien, nous décidions avec Bharti d'ouvrir une école à Kusumbara ! C'est ce que je fis, grâce à Bharti et avec l'aide de mes collègues et amis d'Ecoles de la Terre du Bihar ! Le 8 avril fut son jour d'inauguration, le 9 avril celui de son ouverture ! L'école est assez petite aujourd'hui, elle reçoit un peu plus de 60 élèves dans une maisonnette mise à disposition par le gouvernement de la région. Mais l'école doit s'organiser et grandir; cette année scolaire sera celle du démarrage, de la coordination, de l'organisation, du développement. Nous cherchons une terre où construire un nouveau bâtiment, l'école de Bharti Kumari et de ses camarade de Kusumbara !Mercredi 11 avril 2012 c'était " SATYADEV ET SUNBEAM SCHOOLS, DEUX ÉCOLES AUX PORTES DU DÉSERT ! "Ce message aurait dû suivre celui du 7 avril, celui de la présentation de Nanufuji et Vidya Sagar Schools, nos deux écoles du désert ! Les circonstances aussi heureuses qu'inattendues en ont décidé autrement ! Le long déplacement séparant Jaisalmer [Rajasthan] de Kusumbara [Bihar] ne me permit pas de terminer mes visites au Rajasthan; il fallait inaugurer la nouvelle école de Bharti avant de présenter nos derniers instituts scolaires du Rajasthan ! Ce ne fut que bonheur, additionné toutefois de quelques 2 à 3 milliers de kilomètres en plus ! Qu'importe la distance, pourvu qu'on ait l'enthousiasme d'un travail autant utile qu'essentiel ! Dans mon blog du 11 avril, je vous parle de Satyadev et de Sunbeam Schools, avec quelques détails et quelques chiffres ! Ce sont nos deux écoles du Rajasthan les plus proches de la ville de Jaisalmer que nos volontaires connaissent le mieux puisqu'elles sont plus facile d'accès. En effet, elles se situent en périphérie de la ville dorée, le centre touristique et commercial du district de Jaisalmer. La première ouvrit ses portes en 2006, la deuxième, en 2007.CHERS AMIES, CHERS AMIS, cette rétrospective rallongée d'anecdotes, de petites histoires et de compléments est terminée ! Je vais prochainement vous proposer d'autres messages pour mieux vous présenter nos programmes et vous narrer quelques évènements, quelques aventures vécues durant ce séjour ! Je vous remercie du fond du coeur pour votre précieux intérêt et je vous envoie mon plus chaleureux salut.Martial Salamolard pour ECOLES DE LA TERRE
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SATYADEV ET SUNBEAM SCHOOLS, DEUX ÉCOLES AUX PORTES DU DÉSERT !
CHÈRES AMIES ET CHERS AMIS,Ce sont nos deux écoles proches de Jaisalmer – SATYADEV ET SUNBEAM SCHOOLS – que je veux principalement vous présenter dans ce blog ; mais grâce aux nombreuses photos que je souhaite publier ici, je profiterai de vous exposer quelques autres aspects qui caractérisent le Rajasthan, ce vaste Etat de l’Inde, riche en histoire et en destinations diverses, telles que tourisme et commerce.Dans « http://dp.mariottini.free.fr/carnets/inde/rajasthan-visiter.htm » vous pouvez lire : « Destination touristique à part entière, entrer au Rajasthan, c’est rentrer dans un autre monde qui nous plonge dans la magie indienne». Dans « http://www.magic-india.com » vous pouvez vous aventurer dans le « Triangle d’Or du Rajasthan », Delhi – Agra – Jaipur, et même aller au-delà, jusqu’à Jaisalmer, la ville aux portes du désert, avec la possibilité d’organiser votre voyage en ligne. Le site « http://www.pondichery.com/french/etats/rajasthan.htm » nous dit que « le Rajasthan, "Pays des Seigneurs", est une des régions les plus attachantes d'Inde » et que les paysages essentiellement désertiques du "Thar" sont fascinants ; que sa population brille par ses couleurs et ses traditions.Nous pourrions poursuivre la visite des sites, et ils sont nombreux qui nous présentent l’Etat du Rajasthan, d’une superficie de plus de 342.000 kilomètres carrés, soit le plus grand de la fédération indienne. Sa population de près de 57 millions d’habitants n’est en moyenne alphabétisée qu’à environ 60% selon les estimations de 2001, soit parmi les régions les plus illettrées de l’Inde. Les femmes, prétéritées comme bien ailleurs dans le monde, ne l’étant qu’à moins de 50%.Ces données ne sont bien sûr pas celles du dernier recensement, ni des dernières statistiques. Ecoles de a Terre, grâce à Françoise Frossard, présentera très prochainement les derniers chiffres et analyses socio-démographies de l’Inde d’aujourd’hui; en particulier pour les Etats où Ecoles de la Terre travaille, le Bengale, le Bihar, Delhi et le Rajasthan. Elle le fait déjà en partie, à travers notre rubrique « Articles » dans notre site internet www.ecolesdelaterre.ch.Les trois écoles dont je vous ai récemment parlé se trouvent en plein désert du Thar, dans les villages de Meharajot, de Gala et de Rataria. Les deux autres que vous découvrirez ci-dessous se situent dans la région même de Jaisalmer, capitale du district de même nom, à l’extrême est de l’Etat du Rajasthan qui fait frontière avec le Pakistan. Et bien-sûr, vous ne trouverez aucune de ces 5 écoles sur le parcours qu’un « agent touristique » pourra vous proposer.L’ÉCOLE DE SATYADEVSatyadev School a été inaugurée en 2006 sous la bannière d’Ecoles de la Terre et se trouve dans le quartier de Kallo Ki Hatton en périphérie de la ville de Jaisalmer. Elle accueille en tout 290 élèves, dont certains vivent dans ce modeste quartier ; les autres viennent de trois arrondissements pauvres qui ont pour noms Harijan Basti, Kobler Para et Magdoor Para.La majorité de nos élèves font partie des castes les plus basses, encore bien présentes sur le tableau de la hiérarchie sociale indienne. Certaines traditions sociales, parfois sectaires, sont encore fortement ancrées dans l’esprit des « rajastanis ». Cela ne facilite pas un soutien aux plus démunis.À Satyadev nous gérons deux unités scolaires. Nous avons l’école de jour, ou l’école primaire gratuite qui accueille 200 élèves ; 6 enseignants y assurent le programme pour les niveaux allant de la maternelle à la classe 8. Nous organisons également une école du soir qui reçoit 90 élèves des niveaux de classes 4 à 7 ; il s’agit d’une prestation de suivi scolaire – une plate-forme de soutien – que nous offrons aux enfants de ces quartiers, le plus souvent en difficulté scolaire, qui se trouvent à l’école gouvernementale ; ceux-ci ne peuvent travailler convenablement à leur domicile. Dès le mois de mai prochain, nous étendrons progressivement notre appui scolaire pour les classes des niveaux 8, 9 et 10.L’ÉCOLE DE SUNBEAMAccrochées à une sorte de coteau en paliers dominant la ville de Jaisalmer, hors les murs du fort, il y a deux colonies de gens démunis qui y vivent dans des conditions difficiles, pour ne pas dire indigentes, misérables. Ces sortes de hameaux ont pour noms Billbasti et Garfoorbattha. C’est dans ce dernier que nous avons construit en 2007 notre école qui a pour nom « Sunbeam ».Les habitants de cette région sont pour la plupart des réfugiés, d'origine hindouiste, venus du Pakistan voisin au cours de ces 30 à 40 dernières années. Ils sont comme beaucoup d’autres minorités d’Asie, au bénéfice d’une autorisation de résidence, mais sans pour autant y être réellement intégrés, tant du point de vue social que juridique. Mais il faut tout de même dire qu’avant la partition de 1947, ils étaient eux-aussi indiens.Sunbeam School accueille 140 enfants vivant en ces lieux. Quatre enseignants assurent le programme scolaire pour les classes de maternelle jusqu’au niveau 5. Nous devons aujourd’hui organiser l’ouverture du degré de classe 6. Dans ce genre de milieu, sans véritable cohésion sociale, c’est le moins que l’on puisse dire, le plus difficile pour nous est de fidéliser les parents de nos élèves ; de leur faire comprendre conscience de l’extrême importance de l’éducation pour leurs enfants.C’est un peu la chasse aux élèves, le porte à porte chez les parents que nous avons dû faire les premières années et que nous faisons encore parfois. Il semble qu’un premier climat positif se soit incrusté à Billbasti et à Garfoorbattha. Au chapitre d'une heureuse anecdote, je vous dirai que j'ai moi-même pu apprécier la présence d’une jeune élève dont je faisais, avec l’aide d’un interprète, l’article sur l’éducation à sa maman, dans une ruelle poussiéreuse de Garfoorbattha, il y a de cela un an exactement. Cette jeune fille, au regard profond, est à gauche sur la photo qui se trouve juste au-dessus de ce paragraphe; elle est encore en portrait, un petit peu plus haut. Ça, et bien c’est juste un petit bonheur ; il n’y a aucune raison à ce que nous ne puissions pas le multiplier. Cela semble être déjà le cas, puisque Sunbeam School s’est déjà bien stabilisé ; et le taux de présence des élèves n'a cessé de s’accroître.CHÈRE AMIES, CHERS AMIS, je termine sur cette note positive. Je vous remercie de votre intérêt pour la cause de l’éducation et je vous suis reconnaissant pour le soutien que vous pouvez nous apporter, sous quelque forme que ce soit. Avec mes pensées les plus chaleureuses.Martial pour ECOLES DE LA TERRE
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UNE NOUVELLE ÉCOLE À KUSUMBARA, LE VILLAGE DE BHARTI KUMARI DANS LE BIHAR PROFOND !
CHÈRES AMIES, CHERS AMIS, Bharti Kumari, elle est bien plus qu’un symbole, bien davantage qu’un emblème ; elle est la personnification, l’incarnation d’une petite fille de 13 ans qui a vécu tous les affres possibles de la vie ; et qui malgré les tumultes, les agitations et les bouleversements qui l’ont frappée depuis ses premiers jours, se tient droite comme une princesse que j’ai juste la chance d’avoir rencontrée. J’ai l’impression d’être petit à côté d’Elle !Je me dois de vous renvoyer à mon blog du 21 mars 2012, au cours duquel je vous parle de ma première rencontre avec Bharti ! C’est une béatitude de l’avoir croisée sur les chemins d’Ecoles de la Terre ; un bien-être et une plaisance d’être à ses côtés. Elle est Bharti Kumari qui a traversé les plus grands malheurs !C’est l’histoire d’une petite fille déposée à sa naissance à la gare de Dehri-On-Sone au Bihar que je veux une fois encore évoquer aujourd’hui. Cette histoire est son histoire, celle d’un être exceptionnel pour la mémoire vivante qui est retracée dans un livre paru l’année dernière ; voir ci-après comment le trouver.Bharti, récupérée à même les rails de chemin de fer et adoptée par « Sunita » et « Raju » un beau jour de 1999 vivra « heureuse » les premières années de sa vie à Kusumbara, situé à 16 kilomètres de Dehri-On-Sone, petit village habité exclusivement par des « dahlits », les intouchables indiens, les plus pauvres. Nombre de nantis les fréquentant à bonne distance depuis belle lurette en Inde, ont considéré que leur sort consistait à nettoyer leurs latrines et à remplir les plus basses corvées.L’un des plus grands malheurs de Bharti fut sans aucun doute la mort de sa deuxième maman lors de l’incendie de leur village. Le livre qui raconte sa vie « Mon école sous un manguier », dont vous trouverez les références dans notre site internet à la rubrique « En libraire », vous donnera maints détails sur ce destin tragique et émouvant.Bharti, jeune fille aujourd’hui âgée de 13 ans, secouée et fragilisée par cette vie tumultueuse, se bat contre ce sort qui l’enferme ; elle veut devenir maîtresse, un métier que seule sa maman aujourd’hui décédée acceptait qu’elle apprenne ! Car dans le cercle des plus pauvres, et des dalits en particulier, le fatalisme est de mise et la résignation guette en permanence.Afin de pouvoir scolariser Bharti et tous ses camarades – ils sont au nombre de 60 dans le village – dans des conditions correctes, Ecoles de la Terre a décidé d’ouvrir une école primaire à Kusumbara même. L’inauguration a eu lieu hier, dimanche 8 avril 2012, le jour de Pâques. Sashi Kumar, notre responsable du centre d’apprentissage de Dehri-On-Sone, prend en charge l’organisation des cours pour cette première année scolaire.Bien évidemment, beaucoup reste à faire pour cette première période qui a valeur de test. L’école a commencé aujourd’hui même 9 avril 2012. Avec Rajesh Kumar, le responsable d’Ecoles de la Terre pour le Bihar et Sashi Kumar, nous sommes conscients qu’un suivi attentif et minutieux est indispensable pour la mise en place de notre programme scolaire, pour la juste répartition des niveaux de classe, pour l’encadrement de nos deux nouveaux enseignants et pour la prise de conscience des habitants, presque tous illettrés, de l’importance de cette première expérience scolaire dans leur village de Kusumbara.Le journal « Jainik Jagran » et ses trois éditions, pour Dehri-On-Son, pour le Bihar et pour l’Inde en édition nationale, ont consacré aujourd’hui une large place à l’événement d’hier. Kamlesh, le journaliste qui suit et soutient Bharti depuis le début et Vinoy, mon ami journaliste de Bodhgaya, sont évidemment pour beaucoup dans cette information qui compare l’histoire de Bharti à celle de Jamal Malik des taudis de Mumbai, le jeune indien du film « Slumdog Millionaire » qui a fait le tour de monde.Bharti et ses camarades de Kusumbara ne demandent qu'à prendre le chemin de l’école. Elle a prouvé sa motivation et sa force en organisant ses propres cours pour les tous petits qui attendaient leur premier alphabet. Je remercie les auteurs du livre pour le message qu’ils ont transmis. À mon tour de leur dire que maintenant c’est Ecoles de la Terre qu’ils doivent aider ; le faisant ainsi, ils soutiendront Bharti et ses camarades aussi !CHÈRES AMIES, CHERS AMIS, je vous envoie mes pensées chaleureuses et émues de Kusumbara, le village de Bharti. Juste pour Elle et ses Amis, je vous demande de transmettre cette adresse à vos proches; c'est www.ecolesdelaterre.blogspot.com. Dès demain mon Blog sera de retour au Rajasthan afin de parler des autres écoles que je n’ai pas encore pu vous présenter; en effet, je suis revenu au Bihar en toute hâte, juste pour l'ouverture de "BHARTI PRIMARY SCHOOL" ! Tout le meilleur pour Vous Toutes et Tous !Martial Salamolard - pour ECOLES DE LA TERRE
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OH ! BHARTI SI TU SAVAIS ! PETITE FILLE DE KUSUMBARA !
CHÈRES AMIES, CHERS AMIS,J’ai déjà pas mal de retard avec mes blogs, présentation des écoles, des programmes, et tout et tout ! Alors que je suis sur le point de quitter bientôt le Bihar pour le Rajasthan, via Delhi, je dois encore vous présenter nos autres écoles de Gaya District au Bihar, l’école de Camijuli et ses deux succursales de Bandha et de Manjibigha, celle de Jolibigha et celle Willibigha ! Je dois aussi vous parler de nos Centres d’apprentissage, de notre Ferme Rita et de notre Service de Micro Crédit ! Vous voyez le programme ! En tous les cas, c’est promis, vous le verrez ce programme ! Et cela tout bientôt, à savoir dans les 10 jours qui suivent !La journée de ce 21 mars 2012 que je viens de vivre vaut bien une petite rallonge de retard ! La faute à Françoise Frossard, membre d’Ecoles de la Terre, qui m’offrait en fin d’année dernière une livre intitulé « Mon école sous le Manguier » ! C’est l’histoire d’une petite fille dont je vous rapporte ci-dessous son résumé que j’ai publié en fin décembre dernier dans notre site www.ecolesdelaterre.ch dans la rubrique « Articles – En Librairie ». LE VOICI !********** ********** ********** **********« LORSQU’UNE ENFANT DE 12 ANS DEVIENT INSTITUTRICE »Une jeune fille traverse Kusumbara, un village indien éloigné du Bihar, et d’un pas décidé se dirige vers de jeunes enfants réunis à l’ombre d’un manguier. À son arrivée, tous se taisent, sortent leur craie et leur ardoise. La leçon peut commencer. La jeune maîtresse se prénomme BHARTI KUMARI, elle a 12 ans et une destinée troublante. Abandonnée quelques minutes après sa naissance dans une gare du Bihar, l’État le plus défavorisé de l’Inde, elle a été sauvée par un couple de paysans qui l’ont adoptée. Bien que pauvres et membres de la caste des Intouchables, ils offrent à l’enfant un foyer aimant. La mère adoptive de BHARTI refuse les traditions tribales, valeurs prônées par le reste de la famille, car elle sait que sa fille est vouée à un avenir autre que le travail aux champs ou les tâches domestiques. Elle ne s’est pas trompée. Tous les jours BHARTI se bat contre la fatalité de sa condition. Elle part étudier dans une école à trois kilomètres de son village et à son retour, elle transmet son savoir à ceux qui n’ont pas la chance d’être éduqués. Malheureusement, sa mère adoptive meurt brûlée vive dans l’incendie de leur village ! De terribles moments l’attendent, son étoile de mère vient de s’éteindre et des jours terribles se profilent devant elle ! Ce n’est qu’une enfant, mais elle a décidé de changer son destin et celui des autres.Vous trouverez tout cela dans « BHARTI KUMARI, Michel Lafon, 2011, 174 pages »Et j’ajoutais ceci dans l’article de décembre dernier ! C'est un très beau livre que Françoise Frossard d'Ecoles de la Terre m'a offert l'automne dernier ! Grâce à Elle, une passionnée de librairie et de bibliothèque, je pourrai rendre visite à BHARTI en février 2012. Pour pousser la belle histoire, j'ajouterai que je connais déjà la région où vit BHARTI. Au mois de mars 2011, je me suis rendu à Dehri-On-Son, là où BHARTI est née ; nous y avons depuis peu un programme d’apprentissage pour les jeunes filles de Derhi-On-Son, ville pauvres parmi les plus pauvres. Mais personne là-bas ne m'avait raconté cette histoire ! Le village Kusumbara se trouve à plus de 120 kilomètres environ de Bodhgaya où se trouvent les bureaux d'Ecoles de la Terre pour le Bihar !********** ********** ********** **********Je n’ai pas pu remonter jusqu’aux auteurs de ce Livre ; mais je les remercie, comme Françoise qui me l’a offert et d’avoir ainsi pu voir BHARTI KUMARI ! Je n’ai pu finalement rendre visite à BHARTI qu’aujourd’hui 21 mars ! Aujourd’hui est le plus beau jour de mon séjour indien 2012 ! Imaginez le jour, tous les précédents ayant été également beaux ! Ce n’est sans doute pas pour rien que je reviendrai chez BHARTI le 8 avril prochain pour inaugurer la nouvelle école de son village qu’Ecoles de la Terre a décidé aujourd’hui d’ouvrir à ce moment-là ! Elle s’appellera « BHARTI SCHOOL », accueillera BHARTI et ses nombreux camarades non scolarisés du village ! BHARTI pourra continuer de s’occuper des plus petits en dehors des heures de classe, comme elle le fait encore aujourd’hui ! Elle organisera le « follow up » - le suivi – des maternelles !Et BHARTI, comme elle va ? Je la ressens comme une jeune fille de 13 ans qui est née près d’un rail de chemin de fer, accueillie peu après par sa mère adoptive qu’elle a perdue beaucoup trop tôt, comme vous le savez; oui, sa nouvelle mère, la seule qui l’aimait et la soutenait vraiment ! BHARTI est très perturbée, à la fois maltraitée par sa famille adoptive qui lui reste, et mise en avant par des étrangers qui sont venus là pour raconter son histoire, certes émouvante et bien intentionnée, mais n’ont plus guère laissé de traces, hormis une invitation pour l’Europe, ce dont elle a refusé ! Oh combien je la comprends ! Je leur fais confiance pour les éventuelles royalties qui pourront un jour tomber dans l'escarcelle de BHARTI !BHARTI veut devenir « Madam », c’est-à-dire institutrice ! J’ai beaucoup parlé de cela avec Elle aujourd'hui ! Je lui ai dit qu’elle devait continuer de poursuivre sa scolarisation ! Seulement voilà, avec la désapprobation de ce qui lui reste comme famille, de même que de son entourage, eux tous illettrés, l’école devient une galère, ceci d'autant plus que la distance qu’elle doit parcourir pour y aller est trop longue, et personne ne veut l’y amener, ni l’aider dans les charges scolaires !Alors, de deux choses l’une, soit je lui dis « courage BHARTI » et je m’en vais, soit je décide autre chose ! Et l’autre chose est faite ! Avec Rajesh d’Ecoles de la Terre, Sashi du Centre d’apprentissage de Dehri-On-Son, Kamalesh, le journaliste de la région qui sert de liaison dans cette histoire, Vinay un autre ami journaliste de Bodhgaya, et le Panchait représentant le gouvernement, je décide d’ouvrir l’école près du manguier – qui soit dit en passant n’est pas un manguier mais un banian ! Ils m’aideront à ouvrir le 8 avril prochain l’école de Kusumbara ! Là près du banian, nous aurons à disposition un tout petit bâtiment, 3 petites salles, qui nous sera mis à disposition par le gouvernement – vous pouvez le voir sur une des photos insérées dans ce blog !« BHARTI » n’a pas besoin aujourd'hui d’hypothétiques royalties qui pourraient tomber un jour ou l’autre ! « BHARTI » a besoin d’école comme les milliers d’autres « BHARTI » à travers l’Inde, à travers l’Asie, à travers le Monde ! Elle a aussi besoin d’amour, de considération et de tendresse, comme tous les autres enfants du monde ! Alors là, c’est un honneur pour Ecoles de la Terre de lancer cette nouvelle école ! Et quelle école ! Vous le savez, elle s’appellera « BHARTI PUBLIC SCHOOL » ! Je me réjouis de revenir au Bihar le 8 avril prochain pour son inauguration ! Il fera chaud, il fait déjà chaud, mais il fera beau !Amitiés à Vous toutes et à Vous Tous ! Grâce à BHARTI j’ai une sacrée dose d’affection, de détermination et de motivation à vous transmettre ! Ne vous en faites pas, ces choses là ne mangent pas de foin et ne donnent pas non plus de boutons ! Elles n’offrent qu’action et émotion ! Et je suis bien content de les partager avec Vous ! MERCI DE NOUS LIRE, MERCI DE NOUS SUIVRE ET DE NOUS SOUTENIR !!Martial pour ECOLES DE LA TERREUn grand merci à Vinay Ji, le journaliste de Bodhgaya, pour la prise de toutes ces photos, aujourd’hui le 21 mars 2012 à Kusumbara, chez BHARTI !
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VIDYA SAGAR ET NANUFUJI SCHOOLS – DEUX ÉCOLES SUR LA ROUTE DU DÉSERT DU THAR – DEUX FAÇONS DE VIVRE LA VIE AUTREMENT !
UNE PETITE PHOTO QUE J'AI EN PLUS POUR VOUS DIRE QU'AU DÉSERT, L'ARDOISE EST TOUJOURS D'ACTUALITÉ !CHÈRES AMIES, CHERS AMIS,Est-ce l’erg, la pampa, le sable ou la toundra que j’ai foulés en visitant nos deux écoles de Vidya Sagar et de Nanufuji, dans le désert du Thar au Rajasthan ? Et bien c’est un peu de tout cela ! De longues bandes pierreuses, entrecoupées de bancs de sable ; des herbes à peine la terre qui tentent de s’élever avec bien peu de chance de grandir puisque chèvres et moutons vivent au même endroit ! Il ne reste que les plantes immangeables et piquantes pour vous faire de l’ombre ! Mais au fait, l’ombre en plein désert, ça n’est pas si mal non plus ! Le désert aimante parfois le poète en quête d’inspiration ; il invite également le mystique en recherche de paix intérieure et de terrain susceptible de l’élever vers le divin. Quelle belle exploration pour la Vie que tout ça ! La poésie est si belle et la chasse au divin si naturelle et insondable, que ça va bien avec le désert ! Tel est mon avis. Vous avez bien noté que je n’ai pas mis dans cette mini-liste le touriste qui vient quémander, sous la tente de son choix, un « coucher-lever » de soleil !J’ai aussi un autre avis à vous proposer ! Comme le désert est un milieu de vie au quotidien pour nombre d’habitants y vivant, il peut être grisant, excitant, peut-être même exaltant d’aller les rencontrer, entre deux alexandrins, entre deux inspirations ! J’invite tous les poètes du désert, tous les séminaristes du désert d’aller « chercher », « comprendre » et « pratiquer » la Vie avec les gens de cet espace de la Terre, tout gentiment, tout simplement, au rythme du désert ! Vous l’avez bien compris, tout ceci est cousu au sable fin et veut dire que ça en vaut vraiment la peine ! Allez, si vous le pouvez dans un désert du monde, à la rencontre de ses résidents ! Ce déplacement vous fera quitter votre quotidien et vous offrira un moment d’existence singulier.VIDYA SAGAR SCHOOL – DÉSERT DU THAR – RAJASTHANNotre école se trouve dans l’agglomération de Kogukhan Ki Dhani (dit Gala, du nom de la région) à 15 kilomètres de Jaisalmer, dans le désert. Elle accueille les enfants de ce village, tous musulmans, ainsi que ceux du village voisin de Beldar, à 100 % hindous. C’est déjà une belle alliance dont Ecoles de la Terre peut témoigner depuis maintenant six années ; Vidya Sagar School a été inaugurée en 2006.Trois enseignants assurent la scolarisation de nos 110 élèves répartis entre les classes de niveaux maternelle à degré 5. Du fait que Gala se trouve à 15 kilomètres de Jaisalmer, nous pouvons envoyer chaque jour 15 élèves des degrés 6 à 8 à notre école de Satya Dey à Jaisalmer, cela grâce à la participation des parents avec lesquels nous organisons les transports quotidiens.L’école gouvernementale la plus proche se trouve à 10 kilomètres de Kogukhan Ki Dhani et de Beldar, mais aucune possibilité n’a encore été envisagée pour une scolarisation de nos élèves chez elle. Est-il nécessaire de rappeler que si nous sommes ici à Gala, c’est juste parce que la toile de l’école publique indienne n’a pu, ou voulu, ou su tisser son programme d’éducation dans ces contrées isolées qu’elle a oubliées !NANUFUJI SCHOOL – DÉSERT DU THAR – RAJASTHANDistante de 50 kilomètres de Jaisalmer, Nanufuji School représente un cas encore bien distinct. Elle est bien plus éloignée dans le désert que l’école de Vidya Sagar ; mais elle jouxte la zone de Kuri, région touristique, bien connue pour la prolifération des camps du désert que les touristes du monde entier fréquentent au gré de leurs voyages et de leur « quête » du désert !!!Les 3 petits villages qui envoient leurs enfants à Nanufuji School – Rataria Ki Dhani, agglomération dans laquelle se situe notre école, Magare Ki Dhani et Neem Ki Dhani – sont exclus de la corbeille touristique de Kuri. C’est la raison pour laquelle nous avons ouvert Nanufuji School pour les élèves les plus jeunes – des classes maternelle à degré 5 –. Dès ce niveau, les élèves les plus âgés peuvent se rendre à l’école gouvernementale qui se situe à un peu plus de 4 kilomètres ; les plus grands peuvent donc s’y rendre.Nanufuji School accueille 90 élèves, les enfants les plus jeunes des 3 villages. Elle fut inaugurée en 2006, comme celle de Vidya Sagar. Notre actuel projet est d’y organiser un suivi scolaire pour les élèves qui fréquentent l’école gouvernementale après leur première scolarisation chez nous. CHÈRES AMIES, CHERS AMIS, avant de vous saluer, j’ai à cœur de vous dire qu’il y a tant à faire en ces lieux isolés où les poètes, les mystiques et les touristique « tics – tics –tics » ont tant de plaisir à y séjourner, l’espace d’une quête, d’un coucher de soleil ou d’une rencontre artistique …. ! Mes salutations ne seront qu’affectueuses, déjà pour vous remercier de m’avoir suivi dans cette lettre destinée aux enfants du désert !Martial Salamolard - pour ECOLES DE LA TERRE
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MEHARAJOT , UN VILLAGE AU FOND DU DÉSERT – ECOLES DE LA TERRE À JAISALMER ET DANS LE DÉSERT DU THAR !
CHÈRES AMIES, CHERS AMIS,Il m’a fallu parcourir 80 kilomètres pour atteindre Meharajot, l’un des 4 villages qui envoient ses enfants à « Uttam Aadarsh School », car tel est le nom de notre cinquième et dernier établissement scolaire construit par Ecoles de la Terre au Rajasthan ! En réalité, nous nous occupons des élèves depuis le mois de juillet 2010, et cela grâce à la bienveillance de quelques habitants de Meharajot qui, jusqu’en fin d’année dernière, nous ont mis à disposition 4 petites salles dans deux maisons toutes proches l’une de l’autre.Nos élèves ont pu rallier le nouveau bâtiment en toute fin d’année dernière, alors même qu’il n’était pas complètement édifié. Il n’est guère aisé d’assurer la continuité d’une construction dans ces lieux isolés, délaissés de tout, abandonnés au sort de la solitude. Aujourd’hui, je peux estimer que l’école est construite à 90 %. Il ne reste que le toit de la véranda longeant le bâtiment, ainsi que le petit bureau de l’école, à terminer.« Meharajot », ça « sonne » comme une belle pierre du désert, dorée au soleil ; ça sent le sable brûlant que les autochtones de cette région, bouillante entre avril et juillet, ont su dompter à leur façon. Sur place, je veux dire à en ces lieux, la sueur de la peau et sa moiteur présente en permanence me lèguent une transpiration d’une autre saveur, comme une sorte d’effluve salée, capiteuse, épicée par d’imprévisibles effets odorants d’un autre monde.Hier mercredi 4 avril était un jour un peu spécial. Les élèves et leurs enseignants souhaitaient marquer ma visite. Ils organisèrent une sorte de post-inauguration qui fit d’ailleurs le bonheur de toutes et tous. J’ai goûté au partage « d’étrangers qui se connaissent bien » et qui se retrouvent à un moment de la vie, comme ça, seulement comme ça !« Bref de trèfle », je veux seulement vous dire que Meharajot est un patelin que j’aime et que je vous présente aujourd’hui sous une facette un brin émotive, affective, un peu trop sensible, c’est sûr ! C’est bien la raison pour laquelle je terminerai ce Blog en vous donnant des infos un peu plus cartésiennes.Uttam Aadarsh School accueille 130 enfants venant de 4 différents petits villages qui ont pour noms, Karada, Lala, Meharajot et New Karada. Le village le plus éloigné est celui de Lala, distant de 4 kilomètres de l’école. En parlant distance, je vous dirai que l’un de nos enseignants fait à pieds 9 kilomètres pour atteindre Uttam School chaque matin, 18 kilomètres chaque jour. Avec l’acquiescement d’Abhishek, le responsable d’Ecoles de la Terre ici au Rajasthan, j’ai décidé aujourd’hui même de lui offrir une bicyclette ! « Elle est pas belle la vie ! » ; ici elle toute jolie ! Un « petit rien » peut prend une dimension presque gigantesque ! Une bicyclette neuve, ça coûtera ici moins de 50 francs suisses.Quatre enseignants assurent notre programme scolaire à Meharajot que Narayan Singh, le principal de l’école, coordonne avec beaucoup de maîtrise et d’habileté. Au cours de cette année scolaire nous avons assuré les programmes de formation pour les niveaux des classes enfantines jusqu’au niveau 7. Et bonne nouvelle, nos élèves de niveau 7 pourront poursuivre leurs études chez nous durant la prochaine année scolaire en classe 8, car nous avons obtenu l’autorisation de pourvoir à l’enseignement de ce nouveau degré !Chères Amies, Chers Amis, j’ai fait à saut de chameau le tour de présentation de notre école de Meharajot, Uttam Aadarsh ! C’est une Fleur dans le Désert que je suis « juste heureux » de vous avoir présentée ! Je sais que chez Vous en Occident c’est maintenant le temps de la naissance des « fleurs nature » ; ça a commencé par la perce-neige, il y a de cela un moment déjà. Ici c’est la perce-sable et elle tente de s’imposer, avec peine parfois, toute l’année !Avec mon plus cordial message et mes vœux d’amour et d’amitié à la veille de ce week-end de Pâques, déjà bien lancé dans cette « Sainte Semaine » ! À bientôt !Martial Salamolard - pour ECOLES DE LA TERRE
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CAMIJULI SCHOOL ET SES DEUX NOUVELLES ANTENNES, BANDHA ET MANJIBIGHA – BIHAR INDIA , MARS 2012
TRÈS CHÈRES AMIES, TRÈS CHERS AMIS,C’est avec bonheur et enchantement que je vous présente, une fois de plus, Camijuli School, inaugurée dans le village d’Itra, à une trentaine de kilomètres de la ville de Gaya, le 31 janvier 2001. Elle est devenue davantage qu’une école ; c’est un véritable complexe scolaire que je vous présente aujourd’hui.Nous fêtions donc ses 10 ans en début d’année dernière. Avec Rajesh, nous nous sommes dit que l’espace de notre bâtiment d’école se faisait de plus en plus petit, vu le nombre croissant de demande d’inscriptions. Ainsi nous est-il venu à l’idée de décentraliser l’enseignement pour les plus jeunes enfants dans certains villages bénéficiaires de nos services, au total ceux-là sont plus d’une dizaine.Aujourd’hui, deux petites succursales de l’école principale fonctionnent et assurent déjà pour les premiers villages l’enseignement aux élèves des classes maternelle, enfantine et de niveau I ; il s’agit de l’antenne de « Bandha » et de celle de « Manjibigha ». Pour information, je signale qu’une troisième antenne est en voie d’ouverture à " Pachannma ". Ces 3 dernières appellations représentent en fait les noms de 3 villages bénéficiaires de notre école principale de Camijuli.Décentraliser les classes des plus petits représente un premier avantage, celui de la distance, donc des déplacements quotidiens. Certaines agglomérations se situent à plusieurs kilomètres de Camijuli School, ce qui pour les plus jeunes représente un handicap certain. Il permet également de rapprocher l’école des villages et d’impliquer ainsi davantage ses habitants et les familles des élèves dans l’éducation de leurs rejetons. Enfin, l’augmentation constante du nombre de demandes d’immatriculation de la part des familles, nous permettra de mieux gérer et occuper l’espace de notre bâtiment central, Camijuli.Notre objectif est d’ouvrir le nombre d’antennes nécessaires pour décentraliser l’enseignement de tous les jeunes enfants de ces villages pour les degrés de classe que je vous citais ci-dessus. Une antenne rassemblera en fait les jeunes élèves des communautés les plus rapprochées. Je pense que cette opération sera définitivement réalisée à la fin de l’année scolaire 2012-2013, soit en mars/avril de l’année prochaine. 4 à 5 antennes devraient suffire à couronner cette action de décentralisation.Pour clore cette présentation générale, je compléterai en vous disant qu’à Camijulij School nous accueillons 760 élèves, à Bandha School 135 élèves et à Manjibigha School 156 élèves, soit un total pour l’année scolaire 2011-2012 de 1'051 élèves.CAMIJULI, L’ÉCOLE PRINCIPALEElle comprend à ce jour comme vous le savez un effectif de 760 élèves, de 18 enseignants et de 2 auxiliaires. Elle dispose de 14 salles de classe, de 2 vérandas et d’une salle d’ordinateurs. Au cours de ces 11 dernières années, Camijuli a vu son nombre d’élèves s’accroître régulièrement. Tous les niveaux de classes y sont enseignés, soit jusqu’au niveau 10, moment où certains de nos élèves peuvent entrer au collège. Du fait que nous continuons de soutenir nos collégiens, ce dernier sujet devra donc faire l’objet d’un prochain Blog.Camijuli, notre premier établissement « Ecoles de la Terre » au Bihar, est une sorte d’exemple dont nous essayons de généraliser son développement à l’ensemble de nos autres écoles. Je peux vous affirmer qu’il nous faut du temps et des circonstances favorables. Lorsque celles-ci sont assemblées, tout s’enchaîne favorablement ; les programmes de base fonctionnent et d’autres viennent s’y ajouter. Pour Camijuli School je citerai notre programme santé qui s’est développé à un tel point qu’un dispensaire y a été construit. Là aussi un prochain Blog est nécessaire pour le présenter. J’ajouterai encore nos sessions d’apprentissage à l’intention des jeunes filles des villages, les campagnes de planning familial, etc…L’ANTENNE DE BANDHA SCHOOLJ’ai visité cette petite école en février et mars dernier et je suis tombé sous le charme d’une petite maison perdue dans la campagne où le chant des oiseaux s’entremêlait parfois aux clameurs et aux exclamations de nos plus petits élèves. Un vrai bonheur, un gros espoir aussi !La raison de l’existence de Bandha School qui porte le nom du village où elle se trouve, vous la connaissez maintenant. Les 135 enfants sont répartis entre les classes suivantes, maternelle, enfantine I, enfantine II et classe niveau primaire I. Trois enseignants assurent le fonctionnement de l’école. Le nombre d’élèves peut vous paraître énorme en rapport au petit nombre d’enseignants ; c’est en effet le cas, nos classes enfantines pouvant – je devrais dire devant – accueillir parfois près de 50 enfants, parfois davantage.Il y a une chose inédite et particulière dont je tiens à vous parler au sujet de nos deux nouvelles antennes que sont Bandha School et Manjibigha School ; il s’agit de nos enseignants, de leur origine, de leur formation, de leur compétence. Mais comme je veux garder quelques mots inattendus pour vous présenter l’antenne suivante de Manjibigha, alors je vous en parlerai au chapitre qui suit.L’ANTENNE DE MANJIBIGHA SCHOOLComme pour la précédente école, j’ai visité l’antenne de Manjibigha School en février et mars dernier. Si le village de Bandha n’est pas si éloigné de l’école centrale de Camijuli – environ 2 kilomètres – celui de Manjibigha l’est davantage, à savoir plus de 4 kilomètres.Une toute petite maison cossue de la municipalité accueille en plein village 156 enfants et 3 enseignants. La véranda entourant le bâtiment est indispensable pour faire asseoir tout ce petit monde. Manjibigha est un village typique de la campagne biharie ; des animaux en pagaille allant de la volaille aux bovins animent la rue principale où nombre d’habitants affluent dès notre arrivée.Vous allez me dire, quand va-t-il parler des enseignants ! J’y viens pour clore le présent Blog. Aussi bien à Bandha qu’à Manjibigha, un maître confirmé organise le programme scolaire; nous l’appelons ici le « principal ». Mais les 2 autres enseignants sont d’anciens élèves de Camijuli qui actuellement étudient au Collège. C’est la « trouvaille » que Rajesh responsable d’Ecoles de la Terre Bihar et moi-même avons dénichée. Les premiers résultats sont remarquables, pour ne pas dire admirables. Nos collégiennes et nos collégiens savent bien "d'où ils viennent" et sont heureux d’enseigner aux plus petits ; ils sont proches d’eux et au bénéfice d’une pédagogie naturelle qui plaît aux enfants. Nos enseignants collégiens bénéficieront bien entendu d’un suivi pédagogique ; mais je peux d’ores et déjà vous dire que cette nouvelle approche, pour ne pas dire cette nouvelle formule, rencontre le plus vif intérêt chez tout le monde.Chères Amies, Chers Amis, en amorçant ce Blog je ne savais pas vraiment par quel bout commencer ! J’espère seulement avoir su, ou pu, vous transmettre l’essentiel de ce qu’est aujourd’hui Camijuli School ainsi que ses deux antennes que sont Bandha School et Manjibigha School, deux petits bijoux perdus dans la campagne. Nous espérons et souhaitons développer cette nouvelle approche d’enseignement partout ailleurs où cela s’avérerait possible et souhaitable. Je vous remercie infiniment pour votre patience et votre soutien et je vous souhaite le meilleur dans votre doux printemps d’Occident.Martial Salamolard - pour ECOLES DE LA TERRE
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BAHERADI OU L’APPRENTISSAGE DE LA PATIENCE ET DE LA PERSÉVÉRANCE – UNE HISTOIRE À RACONTER !
BONJOUR À VOUS TOUTES ET TOUS, CHÈRES ET CHERS,« Baheradi School » dont le bâtiment actuel fut inauguré au cours de l’année scolaire 2010-2011 est un bon exemple pour expliquer un engagement soumis à plein de pressions d'un milieu et d'une politique locale encore et toujours contaminés par cette indécrottable corruption, cette saleté qui gâche la vie des êtres humains. Pour illustrer cela, il me faut vous parler de notre précédente école de « Nilamati » que nous ouvriions en avril 2005 pour quelques villages de la région de Mokari, situé à une quinzaine de kilomètres de Bodhgaya, en pleine campagne.Le responsable du panchayat de Mokari – assemblée organisant la vie de plusieurs villages – nous mettait à disposition, à cette époque, un petit bâtiment à bien plaire, dans le but d’y organiser la nouvelle école qui allait accueillir les enfants des villages. Les débuts de nos activités à « Nilamati » furent plutôt limpides et l’organisation de l’école ne tardait pas à soutenir un rythme des plus satisfaisants.Cependant, l’idylle et le bel accord pastoral n’allaient pas durer bien longtemps et nous nous rendions compte peu à peu qu’il s’agissait davantage d’un cadeau empoisonné qu'une belle et généreuse action sociale de la part du milieu. Le responsable et ses collègues vautours ne tardèrent pas nous crier famine et nous réclamer cadeaux et récompenses de tous ordres.Sourds d’oreille durant les deux premières années scolaires, nous décidions toutefois de plier bagages au courant de la troisième, sachant bien que les intérêts des maîtres des lieux n’étaient qu’égoïstes et estampillés « corruption systématique ». Nous quittions ainsi ce malheureux endroit afin de nous établir ailleurs tout en voulant rester dans les environs, puisque les enfants de ces villages devaient bien poursuivre leur éducation.Ce sont ces circonstances qui nous amenèrent à nous installer à quelques deux kilomètres de notre précédente école de « Nilamati » et d’y préparer l’implantation de la nouvelle école dont nous voulons vous parler aujourd’hui. Il s’agit de l’école de Baheradi, nom d’un des villages d’où viennent nos élèves de la région.La première année à Baheradi - année scolaire 2008/2009 -fut parmi les plus austères et les plus laborieuses que nous avions connues depuis les débuts d’Ecoles de la Terre. Deux petites pièces servant de salle de classe dans une cabane en terre ne suffisaient bien évidemment pas à recevoir tous les enfants. Nous décidions ainsi de tenir classe sous l’immense arbre centenaire de la place jouxtant la cabane.L’année suivante – 2009/2010 – allait être la dernière à vivre dans ces conditions. Grâce à mon ami William et à sa fondation, nous allions pouvoir acquérir un terrain à quelques centaines de mètres de Baheradi et surtout construire la nouvelle école que nous avons pu occuper au cours de l’année scolaire suivante.Baheradi School compte aujourd’hui 210 élèves avec 4 salles de classe et 4 enseignants. Elle est toute jeune et demande forcément un peu temps afin d’être complètement organisée. Elle représente un peu le dénouement et l’aboutissement d’une histoire à la fois belle et douloureuse. C’est malheureusement comme cela que ça se passe, lorsque les à peine lettrés du coin, « politicards » de surcroît, s’impliquent davantage dans l’arithmétique de leur porte-monnaie que dans les belles lettres de leur histoire ! Corruption, quand tu nous tiens, il faut bien se battre et sortir becs et ongles afin de faire valoir les droits les plus élémentaires, les droits humains, les droits des enfants !Baheradi est aujourd’hui bien sur ses rails. Avec les responsables du Bihar, avec mes collègues de Genève, avec Vous je l’espère, je me dis bien que la patience et la persévérance sont à l’école ce que le sel est à la terre ! Au Bihar les 40 degrés sont de retour, juste salaire pour un classique baromètre d’avril. À Genève, le joyeux printemps semble avoir posé ses valises; je suis vraiment content pour Vous ! Les miennes viennent d’être déposées à Jaisalmer, aux portes du désert du Thar au Rajasthan. Le décompte du baromètre est à peu de chose près le même qu’au Bihar, 38 à 40 degrés !Un peu décalé dans mes Blogs, comme vous le savez déjà, il me reste demain, lundi 2 avril, à vous présenter les dernières écoles du Bihar ; précisément, celle de Camijuli et de ses deux dépendances ! Vous verrez, c’est sympa et c’est une nouvelle trouvaille d’Ecoles de la Terre.Chères Amies, Chers Amis, merci sincèrement de nous suivre. Puissiez-vous prendre un peu de bon temps, ou plutôt un autre temps, à lire ces aventures et épisodes d’un autre monde ! C’est toujours une plaisance et une aubaine que d’être le porte-parole de toutes celles et ceux qui travaillent pour les enfants d’Ecoles de la Terre.Je vous adresse mon plus chaleureux message et je vous souhaite le meilleur dans votre vie. Que celle-ci vie vous bénisse de votre présence, douce et apaisée, mais à la fois gaie et enjouée !Martial Salamolard - pour ECOLES DE LA TERRENB : à l'exception des deux dernières photos de ce Blog, toutes les autres sont celles de mon séjour 2012 à Baheradi, petit village de la campagne biharie ! Martial
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JOLIBIGHA, UNE ÉCOLE DU BIHAR, DANS UNE RÉGION LOINTAINE, SAUVAGE, OÙ L’ÉLECTRICITÉ N’EST PAS ARRIVÉE, OÙ LE POIDS DES TRADITIONS EST ENCORE PRÉSENT !
CHÈRES AMIES, CHERS AMIS,Combien de fois vous ai-je présenté « Jolibigha School », sise au village de Naian Bigha dans l’Etat du Bihar ? À peu de chose près, chaque année depuis mars/avril 2004, soit au printemps de son inauguration. Si Chloé, notre ancienne volontaire, sa maman Loulou et son papa Alain lisent ce Blog, ils se souviendront à n’en pas douter doute de leurs escapades dans cette campagne lointaine et sauvage et de la journée d’ouverture de l’école ! Ils verront aussi à travers ces photos l’évolution de « Jolibigha » depuis ses débuts il y a de cela 8 ans.Aujourd’hui je vais tenter de faire preuve d’un peu d’originalité en vous présentant « Jolibigha » autrement ! Auparavant, je vous rappelle rapidement quelques chiffres concernant l’école ; au programme de l’année 2011-2012, elle compte un effectif de 650 élèves, 12 professeurs, 7 salles de classes et 2 vérandas. Les photos du présent Blog les représenteront donc en bonne partie ! Durant ces dernières années, les demandes d’inscription de la part des familles des villages alentours furent telles, que nous avons dû ajouter 2 nouvelles annexes au bâtiment d’origine. Nous avons pu réaliser ces constructions grâce aux financements – donations – de deux généreuses Fondations genevoises. C’est une joie de pouvoir dire ici que dans cette région rurale particulièrement pauvre et orthodoxe dans ses traditions locale, où l’électricité n’est pas encore arrivée dans les foyers, 47% de l’effectif de nos élèves est constitué de filles. Ce fut une condition sine qua non imposée aux familles, et cela dès nos débuts, que de scolariser les filles à hauteur des garçons ! Ceci est presque chose faite, ce qui n’est pas une gageure dans ces régions de traditions, de coutumes et de légendes, où malgré la renommée de « Saraswati », déesse des Arts et de l’Education, pour ne citer qu’Elle, tout ne va pas dans le meilleur des mondes pour les femmes et les filles !Naian Bigha, comme les villages voisins d’où viennent nos élèves, où la pratique « naxaliste » est encore bien présente, l’éducation représente à nos yeux le meilleur moyen de sortir cette région de la précarité, de l’instabilité sociale et de la pauvreté. En évoquant cette pratique « naxaliste », nous voulons parler de ces mouvements sociaux, presque toujours d’origine rurale, qui se sont multipliés depuis l’indépendance indienne contre le pouvoir en place, la ségrégation sociale, les abus de pouvoir des hautes castes, la généralisation de la corruption au niveau gouvernemental, et j’en passe !Naian Bigha et les autres villages voisins font partie d’une zone de district – en l’occurrence le district de Gaya – zone qui se nomme « Panchayat », en l’état, celui de Shergati ! La structure socio-politique de l’Inde n’est pas simple à présenter, loin s’en faut ! Françoise Frossard, membre d’Ecoles de la Terre, travaille aussi sur ce sujet dans l’optique d’un prochain livre. Le Bihar est au cœur de l’ancien Empire Gupta et son histoire est grande. Elle est d’ailleurs une grande fierté pour nombre de ses habitants. Depuis l’arrivée du nouvel homme fort Nitish Kumar en 2005, en tant que nouveau chef du gouvernement bihari, les choses semblent enfin évoluer dans le bon sens. Nitish Kumar a mobilisé les femmes ainsi que les Dalits – dits aussi les Intouchables ! Il s’est attaqué au manque d’infrastructures dans l’Etat du Bihar, par la construction de routes, d’écoles et de centres de santé !Il est de notoriété publique que Nitish Kumar a réussi un premier tour de force pour le Bihar, une région de l’Inde encore réputée pour sa corruption, son sous-développement et ses violences inter-castes. Mais le travail est gigantesque et il faudra du temps pour enterrer les mauvaises habitudes du prédécesseur de Nitish Kumar, Lalu Prasad, qui dirigea l’Etat du Bihar de 1990 à 2005.J’ai pu observer moi-même au cours de ces dernières années les progrès enregistrés par la politique du nouveau gouvernement, particulièrement en ce qui concerne le réseau routier, les grands axes notamment. Je dis « les grands axes » car, en ce qui concerne les routes secondaires et les petites routes de campagne, tout ou presque demeure à réaliser ; mon pauvre dos de soixante huitard, jadis à l’affût des pentes les plus folles de nos blanches vallées alpestres, pourrait vous le confirmer ! Pour nous rendre à Naian Bigha, donc à l’école de « Jolibigha », nous devons emprunter sur plusieurs kilomètres une piste tout juste praticable pour des véhicules tout terrain. Nous avons eu l’occasion de dire souvent dans la présente tribune qu’Ecoles de la Terre devait avoir pour mission de contribuer à l’éducation des enfants nécessiteux, là où ils se trouvent, en évitant la facilité qui consiste à aider en fonction de la situation géographique et des facilités de communication. L’humanitaire ça n’est pas vraiment cela ; c’est plutôt de se déplacer, au péril du confort, là où le besoin existe, plutôt que soulager sa conscience en périphérie des grands centres faciles d’accès.C’est à l’occasion d’une visite parmi d’autres de la campagne biharie que j’ai eu l’occasion de découvrir, en compagnie de Marina Dupuis,, membre d’Ecoles de la Terre depuis ses débuts, la région de Naina Bigha au printemps de l’année 2003. Sans doute se souvient-elle de notre coup de cœur pour cette région sauvage que nous avons découverte sous une chaleur torride d’avril. Plein de petits villages disséminés à la ronde, plein d’enfants qui surgissaient de partout afin de découvrir notre blancheur de peau, étonnante en ces lieux !Il ne nous a pas fallu longtemps pour décider de faire quelque chose, là-bas à Naian Bigha, en faveur de tous ces enfants au sourire large, à l’allure indomptée, aux gestes naturels, à l’attitude spontanée ; tout cela pour dire « sauvage », mais tellement « humain » !Nous avons du « battre la campagne » afin de trouver des enseignants susceptibles d’assurer un programme décent. La première année fut, comme toujours dans ce genre de projet, une période test ! Quelques enseignants de l’école voisine de « Camijuli » sont venus prêter main forte aux premiers instituteurs de « Jolibigha School ». Le résultat fut si encourageant que l’expérience s’est renouvelée l’année suivante, et « Jolibigha » est devenue, dès la 2ème période scolaire, un établissement indépendant et déjà bien organisé.L’équipe Ecoles de la Terre, en place à Bodhgaya à partir du printemps 2000, et expérimentée depuis l’ouverture de notre première école de « Camijuli » en janvier 2001, a fait un super travail d’organisation et d’intégration à Naian Bigha, sous la férule de Rajesh Kumar, l'inamovible responsable pour le Bihar.« Jolibigha » est aujourd’hui solidement implantée dans le paysage socio-culturel de cette région. Nul doute que l’école demeure à ce jour le seul espace associatif complètement ouvert aux familles des villages qui envoient leurs enfants dans notre école. J’ai eu à de nombreuses reprises l’occasion de participer à des rencontres de parents d’élèves ; j’ai également reçu dans l’enceinte de « Jolibigha » quelques notables du coin ! J’ai perçu la curiosité et l’intérêt de ces gens pour l’école, dans ce qu’elle représente pour leurs enfants et pour eux-mêmes.Ce blog est une occasion de parler d’Ecoles de la Terre à travers cette présentation de « Jolibigha School » dans un contexte un peu plus large de l’Inde, et du Bihar en particulier ; pour ne pas dire de Shergati, la région dont fait partie le village de Naian Bigha. Pour ce qui me concerne, je vis depuis bientôt 15 années les soubresauts du premier choc socio-culturel de mon tout premier long séjour en Inde, entamé en fin d’année 1997. Sept années plus tard, à Naian Bigha, le nouveau soubresaut ne fut pas des moindres.À peu près rien ou presque ne pourra remplacer l’expérience du terrain, les mois et les années passées à vivre au plus près des joies et des peines des autochtones au quotidien. Un petit peu fort de cela, je perçois un peu mieux la culture indienne en regard de ces longs moments partagés dans un quartier de mégapole, dans une bourgade ou un village. Rester, un peu, beaucoup, pour mieux sentir la vie ; rester, un peu, beaucoup, pour mieux l’apprivoiser, mieux la comprendre de l’intérieur.C’est une circonstance unique, une opportunité exceptionnelle que de pouvoir en parler en pleine vision intestine et d’écarter quelque peu le livre d’histoire, le condensé de géographie ou le traité d’économie sociale. Tout cela, c’est aussi l’envie de donner des informations du dedans, de dire que la vie sociale commence au chant du coq et s’endort au bal des étoiles. C’est encore le désir de coupler le besoin de présenter les choses méthodiquement, tout en leur adjoignant un zeste de poésie, comme un sourire ou une histoire drôle viendrait enjoliver un exposé rigoureux qui endormirait les corneilles sans ce zeste d’honnête légèreté, empreinte de saisissement et d’émotion. Et puis vient la cerise sur le gâteau, je veux parler du contact avec les enfants, ces longs moments d’école et de récré, ces éternels au-revoir, tous parachevés de perpétuels retours, pour revoir les enfants, une tête en plus, une classe en plus ! Au fil des ans le « kid » devient un « teenager » », la « fillette » est devenue une « adolescente » ! Tous ces enfants, tous éduqués avec le but avoué d’inverser le taux d’analphabétisme qui caractérise tous ces villages.Nos actions de scolarisation, mais encore celles de la formation professionnelle, du suivi médical et du soutien socio-économique aux familles, ce dont je vous parlerai dans mes prochains Blogs, peuvent être une façon de suivre l’évolution socio-culturelle et le développement économique d’un milieu de vie donné. Parlant du Bihar, et de ses régions rurales en particulier, vous savez déjà qu’il y a bien des choses à faire afin d'assurer un niveau de vie minimal et décent pour une grande partie de sa population.Oui, au niveau national l’école est devenue en Inde depuis l’année 2010 une prestation obligatoire pour l’ensemble de sa population ! Encore oui, au Bihar le taux d’alphabétisation semble monter légèrement depuis ces 10 dernières années. Ces dispositions sont bien réelles mais cependant elles demeurent encore à l’état de projet et les chiffres publiés par les officines du gouvernement sont à prendre avec autant de précaution que de circonspection. Nous nous réjouissons de cette nouvelle tendance qui reste à se vérifier dans la réalité. Je vous le dis de l’intérieur, depuis les nombreux villages dans lesquels je passe l’essentiel de mon temps.De plus, le fossé entre la classe moyenne et les populations les plus pauvres est en train de s’accroître dangereusement. Je l’observe carrément, obstinément et indubitablement depuis ces dernières années. Ce fossé, dont je crains qu’il puisse se transformer en abîme, est à analyser dans l’affrontement et l’antinomie du couple « ville – campagne », entre la contradiction et l’opposition de la vie urbaine et de la vie rurale ; tel est le constat que je peux porter pour un pays tel que l’Inde, sachant bien qu’un tel bilan peut se dresser dans quasi tous les continents de notre planète.Vous avez bien remarqué qu’à Naian Bigha nous vivons dans l’environnement et l’atmosphère de l’Inde rurale, profonde, traditionnelle, orthodoxe, coutumière. Nous cherchons ainsi à développer nos programmes en fonction du milieu culturel, social et économique de cette région. C’est pour cela que nous avons pensé pouvoir et devoir créer une ferme pédagogique. Pourquoi ?Parce que Naian Bigha et sa région est d’un point de vue économique essentiellement de nature agricole. Avec Rajesh Kumar, le responsable d’Ecoles de la Terre pour le Bihar, nous avons estimé que l’intérêt de ce monde agraire pouvait bien rejoindre nos préoccupations dans le contexte de la région. Autrement dit, sensibiliser nos élèves aux activités de leur milieu économique pourrait être un bon moyen d’ouvrir l’école au monde extérieur, de créer des liens avec l’économie locale en leur montrant notre intérêt, en nous faisant connaître aussi.De là est née notre ferme « Rita », du nom de notre généreuse donatrice qui a financé l’acquisition d’un vaste terrain et la construction des bâtiments nécessaires à l’exploitation. Nos élèves des classes les plus élevées sont régulièrement conviés à suivre l’évolution des cultures. Ils participent également à quelques petits travaux, histoire de découvrir et évaluer le métier autrement ! Aujourd’hui nous préparons l’aménagement et l’installation d’un deuxième secteur de la ferme, à savoir le domaine de l’élevage. À Jolibigha School cette expérience est considérée comme une expérimentation pilote qui pourra, nous l’espérons, se développer dans d’autres zones rurales où nous gérons nos écoles. L’objectif à court terme est d’organiser une structure de formation professionnelle à l’intention des élèves sortant de l’école et désireux de se lancer dans le métier, mais également à l’intention des jeunes gens des villages qui n’ont pas suivi de scolarisation mais se sont lancé dans cette profession.Chères Amies, Chers Amis, je suis heureux de vous avoir présenté « Jolibigha School » sous cette forme, multisectorielle, multidimensionnelle, multidisciplinaire, en tenant compte de plein de facteurs qui, dans l’environnement et l’atmosphère qui sont les nôtres peuvent permettre d’enrichir les prestations de l’école, créer des liens avec la population locale et construire ainsi les bases nécessaires à l’amélioration des conditions de vie de cette communauté pauvre et besogneuse.Avec mes meilleures pensées et mes vœux de renouveau, avec des fleurs et du soleil, en ces premiers jours de printemps !Martial Salamolard pour ECOLES DE LA TERRENote finale : toutes les photos de ce blog sont de « Jolibigha School » et de ses environs immédiats, prises en mars 2012 !
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LE BLOG DE SAVIANA - CHEZ "ECOLES DE LA TERRE" DURANT SIX SEMAINES !
BONJOUR À TOUTES ET À TOUS,Après des mois, des semaines de réflexion et d’organisation, ça y est me voilà enfin en Inde et pour 6 semaines. Je l’ai vraiment voulu et attendu ce voyage et je ne réalise pas que je suis en train de réaliser un petit rêve. 6 semaines loin de chez moi à découvrir un pays, une culture, des personnes, des écoles et encore tellement de choses. Delhi, Kolkata, Raidighi, Bodhgaya et Jaisalmer, ça en fait des choses à voir, mais quel bonheur. Immersion totale et immédiate et ça me plait énormément. Chaque village, chaque paysage, chaque personne, tout est différent, quelle diversité. Raidighi me fait penser à ces villages que l’on voit dans le dessin animé «Le livre de la jungle » quel dépaysement. Les écoles sont magnifiques, je reçois un super accueil à chaque visite. Première expérience de teaching, j’ai vraiment beaucoup aimé, les enfants sont tellement curieux d’apprendre, avides de connaissances. Petit pincement au cœur de devoir quitter ce magnifique village.Kolkata, une sacrée ville, une grande ville. Du trafic, du monde partout, mais une ambiance bien particulière. Il y a en Kolkata quelque chose d’intrigant. J’ai eu l’occasion de visiter une école. J’ai eu un vrai coup de cœur, les profs, les enfants ont été adorables, souriants, accueillants, un vrai moment de partage et de bonheur. Pour me rendre à Bodhgaya, j’ai pris le train (il fallait bien le vivre une fois ) pour une durée de 5h, heureusement que Martial m’accompagnait, mais je dois avouer que le voyage a passé rapidement. En arrivant à la gare de Gaya, j’ai eu un très bon feeling, je me suis sentie bien. Que dire sur Bodhgaya. Tout m’a plu, les gens, la ville, l’ambiance (il faut quand même dire que c’est l’endroit sacré du Bouddihsme), je m’y suis sentie parfaitement à l’aise, un peu comme chez moi d’ailleurs. Beaucoup de visites d’écoles, sur des routes parfois un peu chaotiques, mais cela fait partie du voyage. J’ai vraiment profité de ces 2 semaines.Jaisalmer. Le Fort, le désert, que de découvertes. Cela ne ressemble à aucun autre endroit que j’ai visité et c’est vraiment magnifique. Safari dans le désert à dos de dromadaire, couché du soleil sur les dunes de sable, nuit sous la tente durant la pleine lune, une expérience extraordinaire. Visites d’écoles dans le désert, dans les villages, un sourire, un « Namaste», une photo et les enfants sont heureux, c’est vraiment touchant.J’ai vécu à l’intérieur du Fort de Jaisalmer, là où tout le monde sait et connaît tout de tout le monde, ce qui a quand même un côté rassurant et surtout ça permet de se sentir tout de suite à l’aise.Déplacement à Delhi dans peu dans temps pour le retour à Genève. Ces 6 semaines ont passé très vite, c’est bien la preuve que j’en ai bien profité. Une expérience unique. Voilà le résumé de ce que j’ai pu vivre tout au long de mon séjour. J’ai fait de magnifiques rencontres, ce sont de belles personnes. J’ai vu des choses, des paysages, des endroits magnifiques.Ce que je retiendrai de ces quelques semaines passées en Inde, c’est que rien n’est acquis et l’on en apprend tous les jours. J’en ai pris plein les yeux, je me suis imprégnée de tous ces moments vécus avec les indiens, les enfants ou alors toute seule. Je crois vraiment que j’ai vécu mon expérience comme je devais la vivre et j’en suis très heureuse.Je remercie du fond du cœur toutes les personnes qui ont pu faire que ce petit rêve devienne réalité, qui m’ont aidée, soutenue et encouragée. Et un grand merci à Martial pour le travail qu’il fait chaque jour pour « Ecoles de la Terre ». Il y a une phrase qui résume assez bien ce que j’ai vécu au quotidien en Inde « Ces personnes n’ont rien et donnent tout » A bon entendeur et à l’année prochaine !Saviana Francioso - Mars 2012 - pour ECOLES DE LA TERRE
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SUJATA SCHOOL ! LA PETITE ÉCOLE MILLÉSIMÉE 11 ANS D’ÂGE !
CHÈRES AMIES ET CHERS AMIS,POUR VOUS, UN AGRÉABLE BONJOUR DU BIHAR !"Sujata School" a été inaugurée en avril 2001 au clos de Baiju Bigha, petit et pauvre village du Bihar. Elle dessert d’autres petites zones rurales aux alentours, les plus éloignés sont à quelques 5 kilomètres. Depuis sa naissance l’école n’a guère changé quant aux conditions matérielles. Par contre elle a évolué positivement dans son organisation et sa gestion.Elle compte environ 250 élèves à ce jour ; c’est sa capacité d’accueil et le bâtiment nous est mis à disposition par la municipalité de Baiju Bigha. Et ce sont plus d’un millier d’enfants qui l’ont fréquentée depuis sa naissance ; aujourd’hui certains d’entre eux sont au collège de Magadh University à Bodhgaya, le plus grande organisation scolaire du Bihar. Je suis invité à les rencontrer avant mon départ du Bihar prévu le 20 mars prochain.Chaque fois que je reviens dans le village de Baiju Bigha je vois les mêmes images, les bovins et les poulets, la poussière, les bouses de vaches collées au mur pour en faire du charbon-maison ; mais je sens que bien des choses changent ; les jeunes de la région s’organisent pour donner une âme à leur cité. Ils organisent des événements à l’occasion des festivités annuelles, ils s’intéressent au développement de leur milieu de vie."Sujata School" est un exemple de développement durable dans notre lutte pour l’éducation dans les refuges les plus pauvres. Ce millier d’enfants qui ont passé par là augure les milliers d’autres qui feront de cette région un théâtre d’allant et de célérité digne du troisième millénaire.Il est beau l’optimisme lorsque les enfants vous l’offrent ! Et à voir les jeunes qui s’émancipent dans leur milieu qui est le leur, je peux vous dire que tout espoir de meilleure vie est permis ! "Sujata School" doit continuer à fonctionner, avec l’appui de tous, à commencer par les habitants des villages qui prennent de plus en plus conscience de l’enjeu du futur.Ainsi est faite la vie des hommes ; tous vivent dans un milieu qui leur est plus ou moins propice. Et ces milieux ne crient pas leur histoire sur les toits ; ils mettent du temps, parfois beaucoup de temps, à être compris par les leurs. Les plus riches, comme les plus pauvres, finissent toujours par le comprendre, au prix de le vie !Chères Amies, Chers Amis, merci de lire le vécu d’Ecoles de la Terre. Merci de lire cette vie comme la vôtre, ne serait-ce que pour un instant. Je vous souhaite le meilleur en cette veille de printemps, la saison du renouveau.Avec mes plus cordiales pensées,Martial Salamolard pour ECOLES DE LA TERREToutes ces photos sont de "Sujata School" – Ecoles de la Terre – Mars 2012
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L’HOMME QUI AVAIT ENVIE DE PARLER AUX PHOTOS !
INTERMÈDE EN ATTENDANT LES PROCHAINS BLOGS DONT CELUI DE SAVIANAUn blog n’est-il pas fait pour raconter la vie à tous vents, mélanger étonnement, surprise, allégresse, ravissement, cette vie emplie aussi d’ébahissement, de stupeur et d’effarement parfois ! Peut-être ne le fais-je pas assez souvent ! Qu’à cela ne tienne, j’y vais !Nous sommes ce matin du 2 mars 2012, à Gaya City ; elles sont cinquante Mamans à bénéficier de nouveaux petits crédits destinés à maintenir et développer leurs petites "activités business" ou en d'autres termes, le moyen de vivre un peu mieux, soit dignement ; oh bien sûr ce ne sont que quelques gouttes d’eau, mais destinées à devenir un jour de petites rivières !Faut-il que je sois béni des « dieux » pour avoir ce privilège d’être là parmi Elles ce jour-là ! Oui il le faut et je n’ai guère de mots pour séparer les quelques photos parmi tellement d’autres que j’ai prises d’Elles, aussi délicieuses et gracieuses les unes que les autres, à ne plus savoir lesquelles choisir !À cette heure-ci où en Suisse des partis politiques de gauche et de droite se réunissent pour secouer le cocotier de l’égalité « Femmes-Hommes », constatant que rien n’a changé depuis des années – toujours 18% de salaire en moins pour une même qualification et compétence -, ici en Inde, dans les milieux les plus pauvres, les femmes se battent pour émerger de la misère et de l’oubli !Les femmes émergent de la grisaille du monde ! Oui, car ce sont elles, dans les milieux les plus déshérités qui assurent le minimum vital des familles ; contre vents et marées, contre l’histoire qui les accable, la dot qui les précarise, le statut social qui les laisse au bas de l’échelle, elles font contre mauvaise fortune bon cœur ! Et elles ont du cœur !Je suis trop heureux d’écrire ces mots qui tiennent davantage de la prosodie que de l’article de presse ! Mais, que diable, la source de vie d’où je suis venu, la femme, ma mère dont je suis issu, vaut bien le détour vers cette vérité qui ne demande qu’à s’exprimer pour faire valoir une certaine justice sur la terre !Ce message n’est ni un rapport, ni une narration, ni un discours, ni un exposé ! Il n’est qu’un alibi, une excuse pour louer le comportement et les agissements de toutes ces merveilleuses mères qui offrent leur vie au bonheur de leurs enfants, de leur famille. Il est aussi un prétexte pour publier les photos dont je vous ai déjà parlé. Et toc, j’ai donc placé les dix photos que j’ai choisies à grand peine !Affectueusement,Martial Salamolard – pour ECOLES DE LA TERREOH MÈRES ! JE VOUS AIME !
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TOUR D’HORIZON DE NOS ECOLES AU BIHAR – L’ECOLE DE SARASWATI SHISHU NIKETAN
CHÈRES AMIES ET CHERS AMIS, J’ai cru comprendre que le « Gai Printemps » frappait à vos portes. Après cet hiver rigoureux qui a battu des records de froid, vous l’avez bien mérité. Encore faudra-t-il vous attendre à quelques petits soubresauts, l’hiver s’avouant rarement vaincu par ko.Pas plus tard qu’hier, Françoise Frossard, membre d’Ecoles de la Terre, dont je vous recommande vivement la lecture de son dernier article – publié sur notre site internet dans la rubrique "Articles" – « Etat des lieux de l’école indienne », m’a fait part de la remarque suivante : « Je lis avidement ton blog, un peu décalé par rapport à tes déplacements, mais qui fourmille d'informations et de réflexions précieuses ». Merci Françoise !S’agissant du décalage entre ma présence sur le terrain et la publication de mes blogs, elle a entièrement raison. Si j’ai pu un tant soit peu synchroniser mes visites à mes publications « blogines » au Bengale – dans les Îles Sunderbans et à Calcutta –, j’ai par contre raté quelques marches sur mon échelle du temps depuis mon arrivée ici au Bihar, vers cette mi-février.Les déplacements en saccades – Raidighi – Calcutta – Gaya – Bodhgaya – obligent à faire et défaire ses valises, conduisent à briser le rythme du temps et contribuent ainsi à vivre avec un agenda sous le bras, un autre dans le sac à dos.Les photos insérées dans ce texte - tirées en fin de février dernier - sont celles de notre école de Saraswati Shishu Niketan que j’ai eu le plaisir de visiter en premier. Nous l’appelons communément Saraswati School, du nom de la déesse hindoue des arts et de l’éducation. J’ai entendu Ram Sewak, le principal de cette école, parler de Saraswati comme l’école adoptée par Ecoles de la Terre.Mais « c’est mignon tout ça » ! Ram voulait simplement dire par là qu’avant avril 2008 cette école s’appelait « Teryo Shuto Public School » du nom de l’ONG japonaise qui l’avait ouverte quelques années auparavant mais qui décida malheureusement, et brutalement, de cesser son soutien à la fin de la période scolaire 2007 – 2008 !Voilà pour la petite histoire de la venue au monde de Saraswati School - au sein d'Ecoles de la Terre - qui compte aujourd’hui 530 élèves, soit presque le quadruple de l’effectif au moment de sa reprise par notre ONG en 2008 ! Elle se niche dans le village de Pachhati qui se trouve juste après la ville de Bodhgaya. Mais l’école accueille des enfants de nombreux autres petits villages dont j’ai à cœur de vous citer les noms ci-dessous, tellement ils sont chantants !Outre les enfants de Pachhati, nous accueillons à Saraswati School ceux de Bagalpur, de Bagha, de Bodhgaya Bazar, de Charnumber, de Dhariyabigha, de Miabigha, de Mastipur, de Rampur, de Rajapur, de Sonubigha et de Tikabigha, autant de petits villages étant en périphérie, plus ou moins proche, de Bodhgaya, cette ville connue mondialement pour son site bouddhiste, ses fêtes grandioses et ses pèlerinages réguliers qui attirent religieux et curieux du monde entier.Le bâtiment de Saraswati School nous est mis à disposition par les autorités communales de Bodhgaya ; il comprend six salles de classe, deux vérandas, deux salles d’eau/toilettes et un puits avec pompe à bras. Afin de faire face aux admissions de nouveaux élèves, nous avons aménagé dans la grande cour intérieure de l’école 4 petites salles de classe de construction légère – bois, bambou et toit de tôle.L’enseignement assuré à Saraswati School comprend 13 niveaux de classes, à savoir :- 3 niveaux d’école enfantine ; la nursery, le 1er niveau enfantine, le 2ème niveau enfantine ;- 10 niveaux de classes primaires ; du niveau I au niveau X.Mais nous nous plaisons d’ajouter ici que depuis 2 années, 2 groupes d’élèves poursuivent, comme dans notre école de Camijuli que vous découvrirez plus tard, leurs études au niveau du « Collège » ! Ainsi 12 élèves sont au collège en classe 11 ; 11 autres élèves se trouvent en classe 12. Au courant avril de cette année, 14 nouveaux élèves, actuellement en classe 10 à Saraswati, entreront à leur tour au collège, les 23 actuels passant respectivement en classe 12 et en classe 13.À de nombreuses reprises, des amis et des curieux nous ont posé cette question : « y-a-t-il une chance à ce que vos élèves puissent aller au-delà de leur éducation primaire ? ». Nous avons là un premier élément de réponse et nous nous réjouissons à la seule idée que d’ici trois ans nos premiers élèves de Saraswati entreront à l’Université !Il est temps de rappeler encore une fois l’article de Françoise Frossard publié sur notre site internet www.ecolesdelaterre.ch et intitulé « Etat des lieux de l’école indienne rurale ». Son titre, on ne peut plus explicite, met en lumière les spécificités du système scolaire indien, ses avancées et ses travers, et nous éclaire sur la situation d’aujourd’hui – avec de nombreuses données chiffrées et étiquetées "2011".J’ai, entre autres, comme mission d’enregistrer le maximum d’informations concernant la structure d’Ecoles de la Terre, son organisation, ses effectifs et ses résultats ; informations que je transmettrai à Françoise dans l’optique de sa rédaction en cours, du premier ouvrage sur notre ONG.Chères Amies, Chers Amis, je vous remercie pour le temps que vous aurez passé à découvrir ou alors suivre l’évolution de l’une de nos écoles du Bihar, la Saraswati School de Pachhati village !Je vous souhaite, ainsi qu’à vos familles et à vos proches, le meilleur dans votre vie, beaucoup de soleil dans vos journées et surtout, une très bonne santé !Avec mon plus cordial message.Martial Salamolard pour ECOLES DE LA TERRE
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BIENVENUE AU BIHAR EN CETTE FIN DE FÉVRIER !
CHÈRES AMIES, CHERS AMIS,Le Bihar est riche par son histoire mais pauvre dans bien des domaines en ce début de troisième millénaire, et notamment en matière d’éducation. Etat densément peuplé du nord-est de l’Inde, il a cédé une bonne partie de son territoire au cours de l’année 2000 – près de la moitié dans sa zone sud – suite à la scission avec ce qu’est devenu le Jharkhand, nouvel Etat de la fédération indienne.Un proverbe indien dit « la jeunesse menace de fuir, les vieux menacent de mourir » ; je dirai qu’en ce qui concerne le Bihar, ce proverbe lui va comme un gant ! Les jeunes pensent à quitter cette terre, où richesse et corruption font bien trop souvent bon ménage. Ils rêvent d’un job qu’ils trouveraient à Delhi, à Mumbai ou ailleurs. Les personnes âgées sont parmi les plus fragiles du subcontinent et baissent bien vite les bras face au destin qui les accable. Ce tableau gris-noir ne concerne bien entendu pas que le Bihar, mais toutes les régions du monde où la misère est avant tout le résultat de la dure loi des corrompus qui polluent toute une population.L’Inde ne manque pas de grands hommes qui se sont battus pour renverser les conditions de vie des « dalits » ou Intouchables, ou comme le disait le Mahatma Gandhi en réaction à cette situation honteuse pour l'hindouisme, les « harijans » ou enfants de Dieu. Je citerai aussi Bimrao Ramji Ambedkar, beaucoup moins connu en Europe, mais très célèbre en Inde ; né dans une communauté d’intouchables, il fit des études en parcourant le monde, en France, en Grande- Bretagne et aux Etats-Unis et devint le leader incontesté des dalits en œuvrant pour eux. Bien sûr, ils sont plus nombreux.Ils ne sont pas les seuls à avoir lutté contre la corruption et les abus de pouvoirs d’hommes politiques et gens d’affaires sans scrupule. Plus proche de nous je citerai deux noms, Anna Hazare et Raj Gopal. Ils sont encore vivants et toujours très actifs. Le premier, Anna Hazare, est un activiste infatigable qui lutte, au péril de sa vie, dans le mouvement anti-corruption indien depuis de nombreuses années. Le deuxième, Raj Gopal, que je connais personnellement, est un militant gandhien qui a fondé le mouvement « Ektaparishad » dans le but de venir en aide aux paysans indiens, dits les « sans terre », humiliés et exploités de façon inhumaine par de grands propriétaires fonciers.Et « Ecoles de la Terre » là-dedans ? Et bien nous tentons de suivre certains mouvements, aussi bien dans l’état d’esprit que dans le comportement.Comme nombre d’entre vous le savent déjà, nous avons commencé, il y a de cela 15 ans, à nous préoccuper de la question de l’éducation des enfants indiens les plus négligés ; durant toutes ces années nous nous sommes tenus en priorité à ce soutien fondamental. En effet, Education et apprentissage sont nos deux principaux piliers en ce qui concerne nos engagements sur le terrain. Cependant, des besoins très proches nous ont amené à développer d’autres programmes que nous qualifierons de périphériques au domaine de l’enfance. Ains, les questions relatives à la santé des enfants et de leurs parents ainsi que le soutien économique aux familles pauvres nous ont vite interpellés. Toutes nos écoles sont au bénéfice d’un programme de suivi médical ; depuis quelques années, nous avons organisé un programme de microcrédit en faveur des mères les plus pauvres afin qu’elles puissent élever le niveau de vie de leur famille.Pour illustrer ce blog, sorte de petit parcours dans une manière de voir l’Inde de la misère et de l’espoir, j’ai choisi quelques photos que j’ai prises lors de notre meeting de microcrédit du 14 février dernier à Bodhgaya. À cette occasion, nous rencontrions 100 mères de familles afin de finaliser une opération de prêts qui a finalement eu lieu une semaine plus tard, le 21 février, à Bodhgaya, à Gaya et dans ses environs.À Ecoles de la Terre, nous pensons fermement que la femme indienne est le socle de toute construction d’avenir possible. Si ce témoignage peut se vérifier partout dans le monde, il en est pas moins frappant pour ce qui concerne le subcontinent indien. Dès notre prochain blog nous entamerons la présentation de nos établissements scolaires du Bihar. Camijuli, Sujata, Jolibigha, Saraswati, Baheradi, Bandha et Manjibigha, ce sont les noms de nos sept écoles du Bihar. Chères Amies, Chers Amis, je vous souhaite une agréable sortie d’hiver. Je vous remercie du fond du coeur pour l’intérêt que vous portez à notre action et vous présente mon plus cordial message.Martial Salamolard pour ECOLES DE LA TERRE
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UN « CROCHET » À CALCUTTA POUR ÉVOQUER LE PARADOXE « VILLE – CAMPAGNE » !
BONJOUR À TOUTES, BONJOUR À TOUS, CHÈRES AMIES, CHERS AMIS,Mes derniers longs déplacements, des Sunderbans à Calcutta, de la mégapole bengalie au Bihar, m’ont tenu loin de la Toile pour un moment. Une partie du trajet en jeep, l’autre en train, auront permis à Saviana, une jeune femme bénévole de Genève qui visite nos écoles durant 6 semaines entre ces mois de février et mars, de découvrir une autre facette de l’Inde traditionnelle.Aujourd’hui je vous parle, je devrais dire vous « reparle » de Calcutta, la célèbre, celle qui exhorte la misère, où Ecoles de la Terre a fait ses premiers pas en fin 1997. Bien connue pour être la cité des extrêmes, richesse et pauvreté se côtoyant allègrement sur cette partie de terre aux portes de l’océan indien, j’observe que ses infrastructures se sont quelque peu modernisées et se diversifient gentiment ; ponts urbains, bretelles routières, extension du métro. Elles facilitent aujourd’hui nos déplacements dans cette immense cité, autrefois capitale des Indes britanniques ; mais n’allez pas croire que le chaos du trafic urbain, à certaines heures de la journée, ait disparu de la carte journalière de Calcutta ! Pour y avoir séjourné durant de longs mois, pour ne pas dire des années, c’est toujours avec une impression de « chez moi » que je retourne à Calcutta. C’est un peu le berceau d’Ecoles de la Terre qui, en fin d’année 1997, faisait ses premières armes dans de petites écoles informelles de ses bidonvilles aux couleurs de grise misère.Et puis à Calcutta précisément, nous avons deux unités scolaires dans le bidonville de Jhaldarmath ; l’une, appelée « day school » - « école de jour » - accueille 70 enfants dans les classes enfantines ; l’autre, surnommée « follow up programme » - « suivi scolaire » – prend en charge 80 enfants qui poursuivent leur scolarité dans les établissements officiels de la ville ; Ecoles de la Terre se charge de l’inscription des enfants, de leur suivi scolaire, de leur travail quotidien ainsi que des relations avec le corps enseignant ; tout un programme, important pour l’éducation de ces enfants.Nombre d’écoles de bidonvilles qu’Ecoles de la Terre a ouvertes et gérées à Calcutta, 8 au total, entre les années 1998 et 2006, sont aujourd’hui devenues autonomes et gérées par des organismes indiens, eux-mêmes supportés par d’autres ONG étrangères, précisément irlandaise et espagnole. Ecoles de la Terre s’est depuis davantage investie pour l’éducation en zone rurale. Parmi les 25 unités d’écoles que nous soutenons aujourd’hui en 2012, 4 se trouvent en ville – de Calcutta et de Delhi – et 21 se situent dans des villages – en Ouest Bengale, au Bihar et au Rajasthan.Ce n’est pas pour autant que nous ignorons l’importance de l’aide à apporter aux enfants des quartiers défavorisés des grandes agglomérations indiennes, loin s’en faut ! Les besoins de soutenir les enfants des bidonvilles sont énormes ; cependant, les ONG sont beaucoup plus présentes en zone urbaine ; ce qui nous a incité à déployer nos efforts dans les campagnes.Ma dernière visite à Calcutta, précisément à Jhaldarmath, ce quartier bidonville que nous soutenons depuis l’année 2005, m’a bien rappelé toutes les difficultés vécues par les enfants de ces lieux misérables. Les conditions de vie sont pour le moins austères, l’espace y est étroit et la lumière est rare. Les enfants s’adaptent à des situations inextricables qui les obligent à organiser leur vie familiale, leurs moments récréatifs, bref, leurs allées et venues, dans des espaces plus proches du mouchoir de poche que de la cour de récréation. Après avoir vécu une nouvelle rencontre avec les enfants de notre école de Calcutta, j’ai à cœur de dire qu’Ecoles de la Terre poursuivra son action dans ces quartiers. Si la capacité financière d’aider nous était favorable, c’est certain que nous entreprendrions de nouveaux projets dans les bidonvilles. Peut-être un jour, « qui sait, demain déjà », nous le ferons.Les enfants de Jhaldarmath sont des « lumières de la vie » ! Ils m’amènent à la relativiser et à prendre en compte bien des choses qui me paraîtraient impensables dans ma « Genève du Jet d’eau », et pourtant si possibles dans leur quartier que je ressens comme si familier, si près de ce que je peux comprendre, grâce à Eux ! À ce que j’ai compris, Saviana qui m’accompagne en ce début de séjour, m’a confié aujourd’hui même et en d’autres mots, un semblable sentiment ! Toutes les photos de ce Blog leur sont consacrées ; et nous nous sommes permis – Saviana et moi-même – d’être sur l’une ou l’autre avec Eux.Chères Amies, Chers Amis, je vous adresse mon plus chaleureux message ! Que la Vie veille paisiblement et le plus longtemps possible sur Vous, sur vos Proches et sur Ecoles de la Terre dont vous prenez le temps de suivre son parcours ; ce dont je vous en remercie infiniment ; avec une bise affectueuse, comme pour annoncer le dernier cliché !Martial Salamolard – pour ECOLES DE LA TERRE
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NOS ÉCOLES AUX ÎLES SUNDERBANS
BONJOUR À TOUTES, BONJOUR À TOUS,Mes récents déplacements, des Ìles Sunderbans à Calcutta, puis de la mégapole bengalie au Bihar, m'ont éloigné de la toile du "web" tous ces derniers jours. Une partie du trajet en jeep, l'autre en train auront permis à Saviana, une jeune femme volontaire qui visite nos écoles, de découvrir d'autres facettes de l'Inde.Il faut, à chaque transhumance, faire, défaire et refaire "tout le barda", en prenant soin de ne rien oublier, fringues, passeport, bibelots, bureau et tout le "patatras". Les kilomètres se chiffrent en plusieurs centaines, parfois en milliers.Et puis, il y a comme un étonnant paradoxe lors de chaque mouvement; un pincement au coeur de devoir quitter les écoles des îles et au même moment, tout de même, la grisante envie de s'en aller retrouver celles de Calcutta et celles du Bihar !Depuis bientôt 15 ans que cela dure, et bien ce sont toujours les mêmes sentiments qui se bousculent, tout gentiment, tout tendrement !Partir, c'est la certitude de vouloir revenir, encore et encore; voir et revoir les anciens et les nouveaux enfants dans leur milieu de vie qui nous est cher. C'est comme une ronde éternelle, un partage renouvelé; bref, une douce ritournelle de la vie qui va, qui vient au gré des saisons des enfants du monde !Le Blog de ce 15 février est un rappel en images de ce que j'ai vécu durant près de 3 semaines dans les îles Sunderbans; avec Nando, notre formidable responsable pour le Bengale, avec les enseignants qui ne le sont pas moins; et les parents, et les habitants avec lesquels je communique, années après années avec toujours plus de convivialité.J'ai choisi 5 clichés pour chacune de nos 4 écoles des Sunderbans; j'espère bien pouvoir toutes les insérer dans ce texte que je vous livre, plein d'émotion au bout des doigts. Vous verrez donc l'école de Purba Jatta, du nom de l'île qui la reçoit; celle de Sonatikari, petit village de l'île Kultali, celle de Srifaltala, petit village près de Raidighi aux portes des bras du Gange; et enfin celle de Ganga Sagar, du nom de l'île qui l'accueille. Pour plus de clarté j'ai légendé toutes les photos.Purba Jatta est une île des Sunderbans que nous pouvons atteindre à pieds secs grâce à un pont construit tout récemment. L'école est administrée dans un bâtiment de fortune que les habitants nous ont mis à disposition. Propriétaire d'un terrain récemment acquis, nous sommes à la recherche de fonds - 12'000 francs suisses - afin d'ériger notre nouvel établissement qui accueillera 300 élèves.Kultali est une île que nous atteignons par bateau. Il s'agit de notre petite dernière dont le terrain nous a été offert par un généreux habitant. Une partie de la terre est travaillée à des fins agricoles - céréales et jardins.Srifaltala est notre école centrale, car elle se situe tout près de Raidighi, bourg de pêcheurs et centre commercial célèbre dans la région. Notre bâtiment d'école se trouve près de nos bureaux "Ecoles de la Terre" pour les Sunderbans; il représente le point de rencontre pour nos activités liées au "Micro Crédit", un programme que nous avons mis sur pied afin d'aider les mères des villages alentours à développer leurs propres micro-entreprises.Enfin, Ganga Sagar, une île mythique pour l'Inde, mais une île pauvre que la "mela" de janvier, une fête religieuse qui accueille chaque année les habitants de tout un pays, n'a pu, ou plutôt n'a su, résoudre ses problèmes sociaux et économiques. Deux débarcadères ont bien été construits aux fins d'assurer les va-et-vient de millions de pèlerins qui vont chercher "fortune spirituelle" dans les eaux du Gange et s'en vont aussitôt, sans crier "gare", rejoindre leur quotidien.Il m'a semblé intéressant de vous livrer ces quelques informations sur ces lieux que nous parcourrons depuis des années. Près de 150 kilomètres séparent l'île de Kultali de celle de Ganga Sagar, les deux les plus éloignées.Aujourd'hui je me trouve dans l'Etat du Bihar, à 500 kilomètres au nord de Calcutta. Mon prochain blog s'arrêtera justement à Calcutta, "Kolkata" pour les indiens; là où tout a commencé pour "Ecoles de la Terre", il y a de cela 15 ans !Chères Amies, Chers Amis, je vous remercie pour votre attention et votre intérêt à la cause des enfants. Je vous souhaite le meilleur, pour Vous et vos Proches.Avec mes sentiments les plus chaleureux !Martial Salamolardpour ECOLES DE LA TERRE
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L’INDE ET SES VILLAGES, HISTOIRE RÉCENTE ET RÉALITÉ D'AUJOURD'HUI !
CHÈRES AMIES, CHERS AMIS,Comment ne pas penser au Mahatma Gandhi - je l'appelle ci-après Gandhiji en marque de respect - lorsque l’on évoque le sujet : l’Inde et ses villages. À ce jour, près des trois quarts de la population indienne vit encore en zone rurale. Gandhiji rêvait d’une économique alternative propre aux populations rurales. Nous avons beaucoup parlé en son temps de son initiative « un foyer, un rouet », une image pour prétendre, voire affirmer qu’il était possible d’organiser une activité de production artisanale dans chaque village indien. Mais sa proposition qu’il voulut ériger en modèle socio-économique n’a guère été suivie. Elle est tombée peu à peu dans l’oubli après son assassinat le 30 janvier 1948, ses camarades de libération, tous citadins, ainsi que la grande industrie dans son élan d’après-guerre mondiale qui s'en suivit, s’étant chargés de balayer ce rêve de l’Inde rurale. Et pour faire un bond vers chez nous, de plus de 6 décennies, je dirais qu’aujourd’hui, entre les partisans de l’urbanisation et ceux qui prônent une adaptation de l’offre de travail aux habitants de la campagne, le conflit d’idées est impitoyable, aiguisé, tranchant. D’un côté l’économie au pouvoir associée à la volonté de participer à la course des grandes puissances – faire partie des plus grands de ce monde en terme de PIB, pouvoir intérieur brut "mondial" – et de l’autre, l’approche plus nuancée d’une sorte de contre-pouvoir à l’économie mondiale qui souhaite privilégier la décentralisation de l’économie en incluant dans le processus de production les régions rurales, y compris les zones très éloignées.Cette guéguerre me paraît sans fin, peut-être d’ailleurs a-t-elle eu un réel commencement, tant les conditions de vie des citadins et des villageois, si opposées les unes des autres, ont changé et changent encore et toujours dans le concert des politiques économiques nationales et internationales. Le sujet de ce blog n’est pas d’apporter une réponse à une telle controverse, mais plutôt de voir comment les villages peuvent vivre dans la société du 21ième siècle ! Plutôt, pour être plus modeste encore, comment les villages que j’ai traversés ces dernières années, et ceux que je viens de visiter dans les Sunderbans, peuvent m’inspirer pour me préparer, un jour peut-être, à répondre à une telle question !Tout d’abord avant cela, rappelons que l’Inde compte plus de 600'000 villages, dont plus de 45'000 dans l’Etat du Bihar – avec le Jharkhand - et plus de 40'000 dans les Etats du Bengale occidental comme dans celui du Rajasthan ! Je vous cite ces 3 régions car nous y travaillons. Certes, ce pays compte plus d’un milliard et 200 millions d’habitants chiffrés lors de son dernier recensement; mais il demeure inconcevable sans ses villages, car ceux-ci sont un échantillon représentatif de la vie indienne, une empreinte indélébile de son histoire, une matrice qui imprime toute une civilisation que les partisans de l’urbanisation ne sauraient nier.Ce n’est sans doute pas le millier de villages que j’ai traversés au cours de ces 15 dernières années qui me permettront d’émettre un avis objectif sur ce que le rapport « ville – campagne » aura comme incidence sur la vie de la société indienne ! Toutefois, j’ose me laisser dire que l’histoire et la géographie de ce pays ne peuvent ignorer que l’exode rural de ces dernières décennies n’est de loin pas un exemple d’intégration dans ce grand mouvement intérieur des populations. Faut-il aussi rappeler que la sur-croissance des bidonvilles vient de là ; et que les « démontages » de ceux-ci dans nombres de grandes villes se sont traduits par des déportations vers les campagnes, une sorte d’exode à l’envers, cette fois-ci forcé par la volonté politique !Dans les villages des Sunderbans que je visite actuellement, je vois les inégalités qui existent par rapport aux zones urbaines ; taux de mortalité infantile supérieur, manque chronique d’infrastructures en matière de santé, planning familial presque inexistant, contrôle aléatoire de l’autosuffisance alimentaire, système éducatif et suivi scolaire désuets, etc… C’est bien la raison pour laquelle « Ecoles de la Terre », comme d’autres organisations, œuvrent dans ces domaines. Contre la mauvaise fortune de l’évolution économique et sociale contemporaine, la population de ces villages s’organise et prend en compte toute opportunité qui peut s’offrir à elle. Preuve en est par notre expérience vécue, sa volonté de participer à l’éducation de ses enfants et son engagement déterminé dans un processus de développement micro-économique à travers notre programme de micro-crédit.Considérant l’importance du milieu rural en Inde, j’ai à cœur de dire ici, que le développement socio-économique de ce pays passe aussi par ses campagnes; dans ses villages qui n’attendent qu’à combler le grand retard qui les tient loin du développement raisonnable du 21ème siècle que ses habitants connaissent par les médias qui les ont bien sûr touchés. Les inégalités demeurent profondes ; elles ont trait à la pauvreté, à l’analphabétisme, à la condition des femmes, à l’injuste répartition des terres, etc… Ces inégalités s’estomperont, pour ces millions de familles rurales, par une semence d’unité sociale partant d’une volonté politique déterminée et juste, balayée de sa corruption qui subsiste à bien des échelons du pouvoir en place.Chères Amies, Chers Amis, ce message est un coup de cœur en faveur des villages de l’Inde éternelle que j’apprécie au plus haut point. Je vous souhaite le meilleur dans le froid qui vous habite dans cet Occident, aujourd'hui emporté par l'hiver, et que j’aime aussi. Avec mes plus chaleureuses pensées.Martial Salamolard pour ECOLES DE LA TERRE Notes sur les photos : les 3 premiers clichés de Gandhiji sont tirés du website www.ilovindia.com et les 5 suivants sont d'Ecoles de la Terre, février 2012
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LE MICRO CRÉDIT : LES OBJECTIFS D’ECOLES DE LA TERRE ET LA SITUATION DANS LES SUNDERBANS
CHÈRES AMIES, CHERS AMIS,Après mes nombreuses visites dans les villages d’où viennent les élèves de nos écoles ainsi que mes rencontres avec leurs parents et leurs voisins, j’ai le plaisir de vous parler de notre programme de « Micro Crédit » que nous avons mis sur pied ici aux Sunderbans, de même que dans deux autres Etats fédérés où nous travaillons, au Bihar et au Rajasthan.NOTRE CONCEPTION DU MICRO CRÉDITC'est en fin d’année 2009, que nous avons démarré notre programme de « Micro Crédit » afin de soutenir financièrement les parents de nos élèves en priorité, mais aussi nombre d'autres familles vivant dans la pauvreté. Le premier objectif de ce programme est d'améliorer les conditions socio-économiques des familles par le soutien financier à la création de micro-entreprises. Cette population déshéritée peut développer de petites activités créatrices de revenus dans des domaines divers, dans l'agriculture, l'élevage, l'artisanat, la petite manufacture, les transports, les marchés locaux, etc... Tel est le premier objectif. Le deuxième est d'assurer aussi vite que possible l'autofinancement des programmes de nos écoles, nos centres d’apprentissage, nos dispensaires et nos unités de santé mobiles. En effet, le « Micro Crédit » est générateur de profits et ceux-ci sont entièrement attribués au budget de fonctionnement de nos programmes d'éducation et de santé. Tel est le deuxième objectif.Ces deux objectifs sont intimement liés puisqu'ils visent conjointement à promouvoir l'éducation des enfants les plus démunis, tout en contribuant à l'accroissement des revenus des familles, afin que celles-ci puissent améliorer leur niveau de vie et participer ainsi plus activement à l'éducation de leurs enfants.Et comment ce programme s’articule-t-il ? Le montant des prêts que nous accordons est fixe pour toutes les mères emprunteuses ; aujourd’hui, il se chiffre à 5'000,00 roupies indiennes, l'équivalent de 100,00 à 120,00 francs suisses. À l’échéance de leur premier emprunt qui dure quarante semaines, un nouveau prêt est renouvelable, et ainsi de suite. Les emprunteuses sont rassemblées en groupes de cinq femmes ; dans chaque groupe, les bénéficiaires se connaissent bien et habitent dans le même environnement, village ou quartier ; elles sont solidaires, aussi bien en ce qui concerne leur devoir d’entraide mutuelle dans leur entreprise, que leur responsabilité financière face au bailleur de fonds, Ecoles de la Terre.PLUS PRÉCISÉMENT DANS LES SUNDERBANSLe résultat est exceptionnel. Toutes les mères - elles sont 1290 à avoir bénéficié d’un prêt d’Ecoles de la Terre depuis le démarrage du programme aux Sunderbans en mai 2010 - ont respecté à la lettre les périodes de remboursement stipulées dans leur contrat d’emprunt. À l’heure où ce genre de programme est décrié un peu partout dans le monde, les organismes de « Micro Finance » octroyant les prêts sans scrupule et à tout-va, avec le seul but de générer des profits à des fins mercantiles, ce qui se passe ici aux Sunderbans, comme ailleurs pour nos autres programmes d’Ecoles de la Terre, est vraiment réjouissant et nous encourage à persévérer.Je n’ai pas seulement participé aux divers meetings d’octroi de prêts et de remboursement, je suis aussi allé rendre visite à de nombreuses mères, dans leurs maisons et dans leurs ateliers. Je les ai vues à l’œuvre dans l’exercice de leur métier, dans leur micro-entreprise ; outre l’accueil toujours chaleureux qu’elles m’ont réservé, j’ai pu mesurer l’importance, pour elles et leurs familles, de cette opportunité qu’elles ont maintenant d’exercer une activité socio-économique qui leur offre déjà des conditions de vie meilleure.Ces mères vivent dans 16 villages de la région de Raidighi, qui ont pour nom : Baidyapara, Chouddarasi, College Coloni, Gayenpara, Goyalpara, Kankandighi, Kumrapara, Mahigot, Moyar Mahal, Musalmanpara, Nalgora, Purkaitgheri, Raidighi Purbapara, Raidighi Uttarpara, Sreefaltala, Sreefaltala Purba. J’ai beaucoup de plaisir à vous les citer tous ici.Lors de mes visites, je vous le disais ci-dessus, je les ai vues travailler dans les secteurs d’activité suivants que je cite dans le désordre : confection de sari, confection d'autres vêtements communs, fabrication de « bidies » (cigarettes locales), processus de traitement du riz, fabrication de filets de pêche, transport entre les îles, épicerie, shop de thé, fabrication de petit matériel agricole, fabrication d’outils ménagers, commerce de poissons, commerce de légumes, organisation de vente aux marchés de Calcutta, petits marchés itinérants inter-villages, fabrication d’emballages, fabrication de soda water (eau minérale locale), fabrication et vente de glaces, etc…En résumé, nous observons que les activités sont en effet fort nombreuses et les mères, associées à leurs familles, ne manquent pas d’idées pour saisir toute opportunité susceptible de les sortir de leur situation actuelle. Je suis très optimiste à l’issue de ces premiers 21 mois d’engagement dans notre programme de « Micro Crédit » dans les Sunderbans. Au surplus, je dois ajouter que la manière dont notre staff travaille, qui respecte toutes les règles que nous avons mises en place, nous laisse augurer un développement grandissant au profit de ces familles et, par voie de conséquence, comme je le disais plus haut, en faveur de l'éducation de leurs enfants.Pour obtenir davantage de détails sur la méthode de notre programme de « Micro Crédit », de même que sur le suivi de toutes ses opérations, vous pouvez à tout moment visiter notre site internet www.ecolesdelaterre.ch, aux chapitres « Micro Crédit » et « Plate-forme Micro Crédit ». Chères Amies, Chers Amis, ce fut un plaisir que de vous présenter cette action d’avenir qui nous donne des ailes dans notre mission première qui demeure le « soutien à l’éducation des enfants les plus défavorisés ». Depuis les Sunderbans, je vous adresse mon plus chaleureux message.Martial Salamolard pour ECOLES DE LA TERRE











