Les Indiens se sont comptés

  • 0

Les Indiens se sont comptés

Category : Nouvelle India

L’inde est le deuxième pays le plus peuplé au monde, mais heureusement après des décennies d’expansion galopante le rythme de croissance de sa population ralentit nettement sauf dans les Etats les plus pauvres du Nord. Cependant, le déficit de filles perdure il a même augmenté dans la dernière décennie. Cette situation est lourde de conséquences négatives.

Au premier mars 2011 à 0 h l’Inde comptait 1.210.193.422 habitants selon le recensement effectué de mars 2010 à mars 2011. Ce résultat place ce pays au deuxième rang mondial derrière la Chine qui le précède de quelque 123 millions d’habitants. La population indienne représente ainsi 17,5 % de la population mondiale, juste après celle de la Chine qui atteint le 19,4%. En d’autres termes, à elle seule, la population indienne est équivalente à celles des Etats-Unis, de l’Europe (U.E. et autres Etats), de la Russie, du Japon et de l’Afrique du Sud réunies. D’un autre point de vue elle correspond à 160 fois celle de la Suisse. Enfin, un Terrien sur 6 est un Indien.

Depuis 1881 la population indienne fait l’objet d’un recensement synchrone qui a lieu tous les dix ans. C’est une source de renseignements dans de nombreux domaines, la démographie bien sûr, mais aussi l’activité économique, l’éducation et l’alphabétisation, le logement, l’urbanisation, les langues et les religions, etc.

L’évolution de sa population est une question importante pour l’Inde, car au cours du XXe siècle le nombre d’habitants a été multiplié par cinq et par 3,3 depuis le recensement de 1951, le premier depuis l’indépendance. Ainsi l’essor non maîtrisé de sa démographie a constitué un frein au développement, comment mettre sur pied l’éducation pour tous et construire les infrastructures indispensables si les besoins augmentent sans cesse? La stabilisation de sa population est donc un enjeu primordial pour l’Inde.

Ralentissement confirmé de la croissance démographique

Le dernier recensement apporte de bonnes nouvelles en matière de démographie. 2001-2011 est la première décennie où l’augmentation de la population en chiffres absolus est inférieure à celui de la décennie précédente (à l’exception de 1911-1921). Certes, les Indiens sont 181 millions d’habitants de plus qu’il y a dix ans -24 fois la population de la Suisse-, et ce chiffre représente une augmentation de 17,64 % par rapport au précèdent recensement, soit une croissance annuelle moyenne de 1,76%, mais la courbe ascendante de la population indienne s’infléchit nettement passant de 2,15 à 1,76 de moyenne annuelle pour la décennie. Le renversement de tendance esquissé lors du recensement précèdent après une longue période stagnation se confirme très nettement. Est-ce la fin du boom démographique de l’Inde ?

Cependant, il faut aussi tenir compte de l’extraordinaire diversité des conditions démographiques d’un Etat fédéré à l’autre. Des taux de croissance très forts se rencontrent encore dans les zones rurales du Nord, du Bihar avec 2,58 % au Rajasthan avec 2,14. Ce sont les Etats les plus peuplés et les plus défavorisés et la fécondité y demeure très élevée. Par contre, les Etats du Sud connaissent des taux de croissance semblables à ceux des pays développés, par exemple 0,48% au Kerala. Nous sommes en présence d’un déséquilibre entre les Etats progressistes dont le poids démographique diminue et les Etats plus arriérés du Nord de l’Inde où la population continue de s’accroître.

Déficit de filles

Ce ralentissement démographique correspond à une baisse du taux de fécondité dans toutes les couches sociales. Malheureusement cette « limitation » des naissances s’effectue au détriment des filles. En effet, on compte aujourd’hui 914 filles pour 1000 garçons âgés de moins de 6 ans : il s’agit du ratio le plus bas depuis l’indépendance du pays et, la tendance pour ces groupes d’âge s’est accentuée depuis 2001 où il atteignait déjà 927. Ce déficit de filles a des causes culturelles et économiques. De manière générale en Asie, les couples ont une préférence marquée pour les garçons. « Élever une fille, c’est comme arroser le jardin d’un voisin », dit un vieux proverbe indien.

Les filles sont considérées comme un poids financier, elles quittent leur famille lorsqu’elles se marient pour rejoindre celle de leur époux, mais leur père doit fournir une dot, parfois très importante, à sa belle-famille, tandis que les fils sont un soutien de famille qui prendront en charge leurs parents quand ils seront âgés. Et c’est le fils et non la fille qui procède aux rites mortuaires si importants pour les Hindous etc. Aussi, dans les classes aisées et riches on recourt à des avortements sélectifs grâce à la banalisation de l’échographie et malgré l’interdiction légale faite aux médecins d’annoncer aux parents le sexe de leur futur enfant. Chez les Indiens hindouistes, plus on est riche plus on pratique la sélection des sexes par l’avortement, ce qui n’est pas le cas chez les Indiens musulmans. Dans les populations défavorisées les filles font l’objet de moins de soins et d’attention que les garçons, elles sont moins éduquées aussi. Cette situation explique leur taux de mortalité infantile plus élevé chez les filles, celles-ci recevant moins de soins et de nourriture lorsque la famille connaît des difficultés de revenu

Les conséquences de cette situation sont graves : des millions d’hommes ne pourront donc pas se marier, ce qui va entraîner de graves problèmes d’intégration dans un pays où la famille tient une place prépondérante dans la société. On constate aussi une montée du trafic d’épouses et une hausse des agressions sexuelles envers les jeunes femmes. Au point que la ministre des droits des femmes Renuka Chowdhury a rendu obligatoire l’an dernier les cours d’autodéfense pour filles dans les écoles publiques de New Delhi.

L’autre bonne nouvelle qu’apportent les résultats du recensement concerne l’alphabétisation qui a nettement progressé pendant cette décennie. L’Inde compte désormais plus de 31 millions d’illettrés en moins. Le taux d’alphabétisme est passé de 65 % en 2001 à 74% en 2011. L’avancée est plus importante chez les femmes qui avaient un important retard à rattraper.

 

Françoise Frossard – Janvier 2012

 


Leave a Reply

Galerie EDLT

musique05_35.jpg Fete Musique 2005
coolheure_35.jpg Soirée Coolheure
DSCN8721.JPG Paléo 2009
paquis04_25.jpg Marché au Paquis 2004
Picture 035.jpg Rajesh en Suisse 2006
Event02_35.jpg Soirée EDLT en 2002
Event03_35.jpg Soirée EDLT en 2003
event08_35.JPG Soirée EDLT en 2008
soiree09_10.JPG Soirée EDLT en 2009
onex03_4.jpg Soirée EDLT en 2007 à Onex

Calendrier

<< Oct 2017 >>
LMMJVSD
25 26 27 28 29 30 1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30 31 1 2 3 4 5

EDLT QRcode

QR code