La santé commence par l’eau

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La santé commence par l’eau

Category : Nouvelle India

L’eau non traitée ou polluée est responsable de maladies graves chez l’homme, souvent mortelles dans les pays en voie de développement. L’eau véhicule des virus, des bactéries, des parasites, des micro-organismes végétaux ou animaux. Ces maladies liées à l’eau sont appelées hydriques. Selon la société Vedura – www.vedura.fr -, elles tuent environ 5 millions de personnes chaque année. Plus de deux milliards d’êtres humains en souffriraient constamment. Parmi ces maladies, il faut citer la schistosomiase, les amibes, la fièvre typhoïde, la bilharziose, l’onchocercose, la dengue, le paludisme, le trachome, l’hépatite, le choléra, etc …

 

La pauvreté est responsable de ces maladies et des décès qui en découlent. Elle se traduit par le manque d’eau, l’assainissement inexistant ou insuffisant, la mauvaise hygiène. Les pauvres ne peuvent se procurer de l’eau potable parce qu’ils sont pauvres ! Voilà une triste et implacable lapalissade ! N’y ayant accès ou devant se contenter d’une eau impropre, ils demeurent pauvres, toujours plus pauvres, en mauvaise santé, souffrant d’un grand nombre de maladies. Autres conséquences néfastes, ils vivent dans des conditions dégradantes et insalubres et n’ont guère la possibilité d’instruire leurs enfants, en particulier les filles.

Ces populations de la pauvreté vivent dans la misère, parfois à quelques pas d’immeubles ou d’hôtels de luxe dans les grandes villes en pleine phase de développement économique. Installés dans des bidonvilles sauvages, ils fournissent une main d’œuvre bon marché à l’économie urbaine et ne sont, la plupart du temps, pas reconnus en tant qu’habitants légitimes. Ces populations indigentes vivent aussi dans des zones rurales, loin des villes, oubliées par les pouvoirs publics qui boudent leurs responsabilités et rechignent à investir dans la moindre infrastructure.

Ne pas avoir accès à l’eau potable, de même qu’aux outils d’assainissement, est un euphémisme badin pour désigner une forme de privation qui menace des vies et porte atteinte à la dignité humaine. Pour ces habitants, ne pas avoir de droit à l’eau signifie utiliser l’eau de sources, de rivières et de lacs pollués par des matières fécales d’origine humaine ou animale. En réalité, cela veut dire ne pas disposer suffisamment d’eau pour satisfaire les besoins les plus élémentaires.

 

En Inde pour obtenir une eau potable avec un minimum de moyens, il suffirait de la filtrer à travers un vieux sari plié au moins en quatre. Une équipe de chercheurs, dont la revue britannique Nature – www.nature.com – s’est fait l’écho, est arrivée à la conclusion que cette méthode, on ne peut plus simple, peut réduire de moitié les cas de choléra dans les régions victimes d’épidémies. L’idée de filtrer l’eau à travers un sari – le vêtement traditionnel des femmes de l’Inde et du Bengladesh – est née d’une observation faite par un microbiologiste de l’université américaine du Maryland. Lui-même originaire de l’Inde, avait en effet remarqué que certains de ses compatriotes utilisaient de vieux saris pour filtrer leur boisson sucrée et en éliminer ainsi les insectes qui s’y étaient laissés prendre.

D’autres chercheurs américains, emmenés par Rita Colwell, qui a obtenu le « Prix de l’eau de Stockhom » en 2010, ont travaillé durant plus d’une année dans une soixantaine de villages du Bengladesh. Le résultat de leurs tests scientifiques dépasse leurs espérances : la méthode du filtrage à travers les saris permet, en effet, de réduire de moitié les risques de choléra.

 


C’est donc bien du côté de l’eau qu’il faut chercher le principal vecteur d’endémie. Le germe du choléra fait partie de la flore normale des eaux aquatiques, en particulier dans les eaux saumâtres et les estuaires. La première prévention passe par l’amélioration de la qualité de l’eau domestique. Cuire l’eau est sans aucun doute la façon la plus efficace de la purifier, mais en Inde, comme au Bengladesh, le bois de cuisine fait défaut, surtout parmi les populations dont la subsistance dépend des rivières, des lacs et des étangs. Dans ces deux pays, bon nombre de puits sont aujourd’hui contaminés par l’arsenic. Davantage de détails sur cette problématique nous sont fournis par Kendall Powell dans « Clothes clean drinking water », dans la revue scientifique « Nature ».

Le désert du Thar, dans l’Etat fédéré du Rajasthan, est le 7ème désert du monde dans l’ordre de la superficie, à savoir 200’000 kilomètres carrés. Il reçoit moins de 200 mm d’eau par an et s’étend du nord-ouest de l’Inde jusqu’au Pakistan. Ce désert n’est qu’une vaste étendue de steppes où l’on rencontre une végétation pour le moins clairsemée. Dans les régions rurales, telles que Gala, Kuri, Meharajot, Rataria, etc., autant de zones de villages où « Ecoles de la Terre » gère des écoles, nous observons l’enjeu que représente l’approvisionnement en eau de qualité. Les conditions de vie sont difficiles et les eaux stagnantes, surtout en période de grandes chaleurs, favorisent la propagation d’agents pathogènes. Les enfants sont généralement les premiers touchés et nous avons pu constater, depuis notre arrivée là-bas, au cours de l’année 2005, que nos élèves sont trop fréquemment sujets à des maladies chroniques liées à la qualité de l’eau. Nous avons recensé un grand nombre de cas de grippe gastro-intestinale. Au Rajasthan comme au Bihar, dont il est question ci-dessous, les conséquences d’un risque accru de malaria et de dengue représentent un autre sujet d’inquiétude.

En effet, dans l’Etat fédéré du Bihar, des dizaines de milliers de personnes vivent sans toit ou sous des tentes improvisées. Dans les endroits où le niveau de l’eau a baissé, le risque sanitaire est très important. Les enfants sont particulièrement menacés par des infections, telles que la dysenterie, la fièvre typhoïde, le choléra et d’autres hépatites. Au Bihar, l’une des régions les pauvres de l’Inde, près de 50% des enfants sont atteints de malnutrition et leur état de santé est insuffisant pour tenir bon face aux épreuves physiques. La mauvaise qualité de l’eau ne fait qu’aggraver leur cas.

Dans les îles Sunderbans, dans l’Etat fédéré du Bengale occidental, les habitants n’ont pas de chance non plus. L’eau du Gange qui les entoure de toutes parts est trop salée pour être bue. L’eau de pluie collectée dans les bassins n’est adaptée qu’à l’agriculture et n’est, la plupart du temps, pas potable. Depuis des années, une nouvelle difficulté est apparue. Les nappes phréatiques sont contaminée par une pollution à l’arsenic; un problème gigantesque, pratiquement similaire à celui, plus médiatisé, du Bengladesh voisin.

En ce qui concerne Calcutta – Kolkata – il est difficile d’obtenir des informations précises sur la qualité de l’eau dans les villes. L’organisation « Clean-India » a réalisé des tests dans une trentaine de grandes villes indiennes, avec des échantillons divers, eau des nappes, eau du réseau, etc… Seulement un quart des points d’eau mesurés ont présenté des analyses satisfaisantes pour une eau de consommation. Calcutta n’échappe pas à cette règle. Nous pouvons imaginer ce que cela représente pour la population des bidonvilles. Dans le cas où il y a une unité de distribution d’eau efficace, avec filtration, l’eau en sortie de station est acceptable, mais ne l’est plus nécessairement quelques kilomètres plus loin, du fait de la mauvaise qualité du réseau.

Le rapport mondial des Nations Unies de 2006, sur la mise en valeur des ressources en eau, fait partie des documents de référence incontournables dans le domaine de l’eau. Intitulé « l’eau, une responsabilité partagée », il met le doigt sur ce qu’il appelle une « crise de gouvernance » dans la gestion des ressources mondiales en eau. Il en ressort que plus que d’un milliard de personnes n’ont pas accès à des ressources suffisantes en eau potable et plus de 2 milliards et demi d’humains n’ont pas droit à un service d’assainissement de base. En mars 2009, le service d’information des Nations Unies nous dit, dans son rapport « L’eau est essentielle au développement », que la demande en eau n’a jamais été aussi forte en raison de la croissance démographique, de l’évolution des modes de consommation ou encore des besoins accrus en énergie.

« Dans un contexte marqué par des pénuries croissantes, une bonne gouvernance est plus que jamais essentielle à la gestion de l’eau. La lutte contre la pauvreté dépend aussi de notre capacité à investir dans cette ressource » a déclaré le directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura. Alors que la demande augmente, certains pays atteignent déjà les limites de leurs ressources en eau. Les effets climatiques attendus devraient encore accentuer ce phénomène. Une compétition pour l’eau risque de se traduire à l’avenir par une politisation toujours plus marquée sur les questions relatives à l’eau. L’accès aux services de base liés à l’eau – eau potable, assainissement et production alimentaire – demeure largement insuffisant pour une large part du monde en développement. Selon une estimation de ce rapport, on estime que plus de 67% de la population mondiale ne disposera pas d’un accès à des installations sanitaires décentes en l’an 2030.

Martial Salamolard, le 22 décembre 2011

 

 

 

 

 

 


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